Jusqu'à présent, Sébastien Lecornu s'est montré très prudent. Tout au long des entretiens qu'il a menés ces derniers jours avec les représentants des forces politiques et syndicales, il a plus écouté qu'il n'a dit ce qu'il avait en tête. Jeudi 18 septembre, même devant les présidents des partis du socle commun, Gabriel Attal (Renaissance), Bruno Retailleau (LR), Edouard Philippe (Horizons), Hervé Marseille (UDI), et Marc Fesneau, qui représentait François Bayrou au nom du MoDem, qu'il recevait pour la deuxième fois, le nouveau Premier ministre s'est montré peu loquace.
Il leur a néanmoins annoncé qu'il les reverrait au milieu de la semaine du 22 septembre pour cette fois mettre du concret sur la table, notamment sur le plan budgétaire. La composition du gouvernement attendra encore.
Sébastien Lecornu trouvera-t-il une solution à l'impossible équation politique qu'il a à résoudre ? Le Normand doit à la fois faire de lourdes concessions au PS, s'il veut éviter que celui-ci ne le censure, tout en conservant la présence des Républicains au sein du socle commun. Si à Matignon, on juge possible de trouver un compromis sur la fiscalité des hauts patrimoines, on estime en revanche que la question des retraites sera un point bien plus délicat à régler.
Le parti socialiste fait en effet de la suspension de la réforme de 2023 une condition primordiale. Or, cette remise en cause est inenvisageable pour LR, mais même bien plus largement au sein du socle commun. « Chercher un compromis à tout prix avec le PS pour tenir à court terme peut être létal pour nous à long terme, explique ainsi un député macroniste. On nous parle du coût de la censure mais on oublie le coût de la non-censure. »