À trente à l’heure au volant de son vieux Peugeot Partner blanc, Philippe Tabarin, bonnet jaune de la Coordination rurale (CR) sur la tête, se refait le film des 48 dernières heures. « Réussir une telle opération, ç’aurait été inimaginable il y a quelques années. Atteindre l’Arc de Triomphe et la tour Eiffel avec les tracteurs de la CR, c’est une sacrée démonstration. » Devant et derrière lui ce vendredi 9 janvier, dans l'après-midi, 14 tracteurs et une trentaine d’agriculteurs rentrent dans la Vienne et dans les départements alentour.
« On voulait montrer qu’on était capable d’agir, reprend le secrétaire général adjoint de la Coordination rurale et président de la CR 86, adhérent depuis 2001. Le message envoyé au gouvernement, c’est que demain on peut faire des choses plus dures, plus sérieuses. » Son organisation revendique la radicalité du combat syndical agricole. « La CR reprend un verbe haut et une volonté de mener des actions violentes et illégales que la FNSEA a lâchés ces dernières années », décrit Jean-Philippe Martin, historien spécialiste du syndicalisme agricole.
L’histoire de la FNSEA est pourtant pleine de coups de force – le saccage du bureau de Dominique Voynet en est un exemple parmi d’autres. En 1999, une quinzaine d’agriculteurs pénètrent dans le bureau de la ministre de l’Environnement, enfarinent des collaborateurs et détruisent une partie du mobilier et du matériel informatique avant de s’enfuir avec des documents.