L'Assemblée nationale commence lundi 26 mai en séance publique l'examen en deuxième lecture d'une proposition de loi visant à lever «les contraintes» à l'exercice du métier d'agriculteur. Recours à certains pesticides, stockage de l'eau, construction de bâtiments d'élevage : le texte, déposé fin 2024 par deux sénateurs, et largement réécrit en interministériel par le gouvernement, adresse plusieurs sujets «irritants» pour le monde agricole. Il ulcère en même temps les écologistes et la gauche, qui crient au scandale sanitaire et environnemental et s'organisent pour la bloquer. Arnaud Rousseau, le président du syndicat agricole majoritaire, la FNSEA, remobilise ses troupes pour le défendre.
LA TRIBUNE DIMANCHE — En plus des mobilisations de votre réseau en régions, vous organisez une manifestation de 250-300 agriculteurs à Paris, à proximité de l'Assemblée nationale, à partir du 26 mai. Pourquoi ?
ARNAUD ROUSSEAU — Le contenu de la proposition de loi correspond à des promesses qui nous ont été faites lors des manifestations de l'année dernière. Mais rapidement, les travaux à l'Assemblée nationale nous ont alarmé. La France insoumise et les Ecologistes ont déposé 2. 500 amendements. Ils ne pourront pas être examinés dans les cinq jours que nous avons déjà peiné à obtenir à cause des nombreux textes en attente au Parlement. Cette volonté de créer une obstruction traduit une certaine méprise de la part de ces députés, car le débat parlementaire risque de ne déboucher sur rien. Trouver un moment pour le poursuivre avant l'été ou à l'automne semble difficile, voire impossible. Les agriculteurs auraient du mal à le digérer. Nous voulons donc rappeler aux députés l'importance des mesures concrètes que contient ce texte pour sortir de la crise agricole.