LA TRIBUNE DIMANCHE — Six mois après le lancement du programme Choose France, quel bilan faites-vous du dispositif ?
PHILIPPE BAPTISTE — Trente-trois scientifiques vont rejoindre les établissements français grâce au financement de Choose France. Ils incarnent l’excellence de la recherche, ce sont des dossiers de très haut niveau venant des toutes meilleures universités mondiales. Il y avait une part de risque en lançant ce programme mais, quand on voit la diversité et la qualité des profils, c’est une vraie réussite. Le dispositif a mis un peu de temps à se mettre en place ; c’est normal, parce qu’on parle de personnes, de familles qui vont changer de vie, de continent, de pays, mais c’est bien l’attractivité de la France qui est posée à travers ce programme et on peut être rassurés à ce niveau-là.
Trente-trois profils : on est loin d’une fuite massive des cerveaux américains et de la France comme un refuge très important…
Non, c’est beaucoup ! Il faut se rendre compte de l’engagement professionnel et souvent personnel de ces personnes et de celles qu’on ne retient pas mais qui ont déposé un dossier complet et peuvent d’ailleurs venir en France sans le financement de Choose France for Science. C’est évidemment un point d’étape ; on va continuer, et notamment parce qu’on n’est pas allés au bout des moyens qui avaient été initialement alloués à ce programme [100 millions d’euros notamment dans le cadre de France 2030]. Mais la dynamique est enclenchée, menée par ceux qui se sont lancés en premier [université d’Aix-Marseille, CNRS], et il y a une quinzaine de candidatures qui arrivent chaque mois et qui sont des dossiers aboutis et travaillés entre les chercheurs et les universités ou les organismes d’accueil. Nous n’en sommes qu’au début !