Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) s'est transformée depuis la mort tragique, en 2005, de deux adolescents, Zyed et Bouna, électrocutés en tentant d'échapper à un contrôle de police.
LTD/GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP
Émeutes de 2005 : vingt ans après Zyed et Bouna, Clichy-sous-Bois reste un symbole des promesses non tenues
REPORTAGE — Stigmatisée après les émeutes de 2005, la ville de Seine-Saint-Denis a longtemps incarné la difficile réalité des banlieues. Depuis, Clichy se redresse peu à peu.
Le mairede Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) est un homme pragmatique. Ancien ministre de la Ville de juillet 2022 à juillet 2023, réélu par le conseil municipal il y a deux ans, Olivier Klein (DVG) affirme que, quand on dirige une ville comme la sienne, « il faut parfois savoir se contenter de victoires symboliques ».
En l’occurrence, l’installation d’un second distributeur automatique d’argent. Deux DAB en tout et pour tout dans une ville de 30.000 habitants, située à une petite quinzaine de kilomètres de Paris mais à au moins une heure et dix minutes, avec de la chance, en transports en commun. Un autre monde.
Une ville que la cour régionale des comptes décrit ainsi : « Clichy-sous-Bois est une commune encore enclavée, marquée par la fragilité économique de sa population et engagée dans un processus de rénovation urbaine en profondeur. […] C’est la troisième commune de France continentale la plus pauvre d’après l’Observatoire des inégalités, avec un taux de pauvreté de 42 % (contre 27,6 % en Seine-Saint-Denis et 14,4 % en France continentale). »
Il y aura vingt ans demain jour pour jour, les banlieues françaises s’enflammaient. À Clichy-sous-Bois, Zyed et Bouna, 17 et 15 ans, meurent électrocutés en tentant d’échapper à un contrôle de police. Le début de trois semaines d’émeutes dont le monde entier va parler et qui vont bouleverser la vie politique et sociale du pays.
Ancienne internationale de rugby (50 sélections) et capitaine du Stade français, Coumba Diallo avait 15 ans en 2005. « Je me souviens de cette coupure d’électricité qui a éteint la ville d’un coup, raconte-t-elle. C’est après que j’ai compris qu’elle était due au poste électrique où les enfants s’étaient cachés et qui avait disjoncté. »
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