A69 : le préfet du Tarn suspend le chantier dans le périmètre non autorisé
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Le préfet du Tarn, Simon Bertoux, à l'issue de l'audience au palais de justice de Toulouse.
Florine Galéron
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Le préfet du Tarn, Simon Bertoux, à l'issue de l'audience au palais de justice de Toulouse.
Florine Galéron
« Abattage d'arbres centenaires », « destruction de haies et de zones humides »... Le procureur de Toulouse, Mathieu Galy, a dénoncé ce vendredi « un trouble sérieux à l'ordre public écologique » sur le chantier de l'autoroute A69 entre Toulouse et Castres, lors d'une audience organisée en urgence devant le juge des libertés et de la détention.
Fin novembre, le collectif d'opposants à l'A69 La Voie est libre avait dénoncé l'existence d'« a minima 42 hectares d'emprises supplémentaires » qui « ont été artificialisés sur le chantier ». Une enquête menée par l'Office français de la biodiversité révèle une emprise illégale de 29 hectares, soit 7% de la surface totale du projet dispatchés sur 46 sites tout au long du tracé de 53 kilomètres.
Pour sa part, le concessionnaire de l'autoroute, Atosca, a calculé un dépassement sans autorisation de 45,60 hectares dont 45,30 liés aux travaux. Martin Gerlinger, directeur général d'Atosca, cite notamment la nécessité de construire à un nouvel emplacement un rond-point ou encore un terrain agricole utilisé pour stocker de la terre issue des opérations de terrassements.
Pour l'avocate des opposants au projet, Alice Terrasse, « il s'agit d'une modification substantielle de l'économie générale du projet, on est sur l'équivalent de 40 stades de football », estimant que l'ampleur du problème justifiait une mesure de suspension totale du chantier.
Au-delà des impacts « irréversibles » de la destruction d'arbres, le procureur a aussi mis en valeur qu' une détérioration des zones humides peut renforcer l'érosion des berges, aggraver le ruissellement d'eau et le risque d'inondations.
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Face à une violation « manifeste et délibérée » du Code de l'environnement, il a demandé au tribunal de prendre « des mesures fortes et contraignantes » à l'encontre du concessionnaire de l'autoroute, Atosca, avec en l'espèce la suspension du chantier dans les zones concernées par des dépassements et l'enlèvement des engins de chantier et des déchets stockés sur des terres agricoles. Il a requis une astreinte de 10 000 euros par jour de retard d'exécution de la sanction. Le tribunal rendra sa décision le 12 janvier prochain.