« Nous sommes sur une ligne de crête », souffle Laurent Indrusiak, secrétaire général de la CGT dans l’Allier. Depuis plusieurs mois, ce représentant syndical tire la sonnette d’alarme sur la fragilité du tissu industriel local. En 17 ans, l’Allier a perdu 3.000 emplois industriels, dont 1.500 sur le bassin de Montluçon (18.471 salariés dans le département fin 2024). Et la récente annonce du groupe de métallurgie Erasteel de supprimer 180 postes à Commentry ajoute de l’inquiétude. Dans ce contexte, la préfecture de l’Allier convie, ce vendredi, l’ensemble des acteurs économiques du territoire pour faire un point d’étape et faire émerger des premières pistes.
Selon un rapport du cabinet Secafi, commandé par la CGT de l’Allier, « jamais depuis 2009, le département n’avait enregistré un enchaînement aussi dense de plans sociaux et de redressements simultanés, concentrés sur un même bassin d’emploi ». Car au-delà d’Erasteel, on peut ajouter à la liste Adisseo et Amis. La première, spécialisée dans la chimie fine et les addictifs alimentaires, a subi une réorganisation structurelle avec la suppression de 47 postes. Si l’équipementier automobile Amis a, lui, échappé de justesse à la liquidation judiciaire grâce à la reprise par le groupe Le Goff-CMW, 45 emplois ont été supprimés.