Moins d’un an après la reprise de leur entreprise à la barre du Tribunal de commerce de Saint-Étienne, la douloureuse page Cybergun semble tournée pour Verney-Carron, le dernier (et plus ancien) industriel français des armes de petit calibre. Le groupe d’Hugo Brugière avait racheté trois ans plus tôt l’entreprise stéphanoise (déjà fragilisée) mais n’avait pas réussi à redresser la barre, amenant Verney-Carron jusqu’à la cessation de paiements. Et ce, dans un contexte de conflit avec les salariés qui dénonçaient la mise en œuvre d’une stratégie financière.
S’était alors positionné avec succès, au nez et à la barbe du Belge FN Browning, le groupe ligérien Rivolier (320 salariés, 150 millions d’euros de chiffre d’affaires), distributeur d’équipements et d’armes pour les marchés de la chasse, de la Sécurité et de la Défense. Il s’était associé dans cette opération avec le family office tchèque RSBC, déjà propriétaire du fabricant d’armes de petit calibre slovène Arex et du fabricant d’armes autrichiens Steyr.
Les chiffres confirment le retournement. Après un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros l’année dernière, le cap des cinq millions d’euros devrait être atteint cette année. Peu ou prou, le chiffre d’affaires réalisé en 2023 mais avec une différence majeure : en 2024, le résultat net s’affichait à -4,5 millions d’euros alors qu’il devrait affleurer l’équilibre cette année selon Arnaud Van Robais, le président du groupe Rivolier, grâce notamment à l’allégement de la masse salariale (12 salariés n’ont pas été repris dans l’opération) et à une réorganisation.