La Chine a annoncé la reprise des livraisons de semi-conducteurs de la part de cette filiale du géant chinois Wingtech, écartant pour le moment la crainte d’une nouvelle pénurie. L’épisode souligne cependant la vulnérabilité de l’industrie européenne face aux appétits sino-américains.
La guerre des semi-conducteurs n’aura (pour l’instant) pas lieu. Depuis la rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, durant laquelle les deux dirigeants ont mis en pause leur guerre commerciale, et à des négociations menées par l’UE avec l’Empire du Milieu, Pékin a de nouveau autorisé la livraison des puces Nexperia aux industriels européens. Cela permet d’écarter la crainte d’une pénurie qui aurait contraint, comme pendant la période post-Covid, les constructeurs automobiles du Vieux Continent à retarder leurs livraisons de véhicules par manque de semi-conducteurs.
La vulnérabilité de cette industrie stratégique face à une seule entreprise sous contrôle chinois pose toutefois de sérieuses questions quant à la résilience stratégique européenne sur les puces, que les pays européens avaient voulu renforcer après la pénurie causée par le Covid.
Une prophétie autoréalisatrice
Jeune pousse néerlandaise, pays à l’avant-garde de l’excellence européenne sur les semi-conducteurs, Nexperia est spécialisée dans la fabrication de puces destinées aux biens de consommation courante. En premier lieu l’automobile, mais aussi les lave-linge, les aspirateurs, réfrigérateurs, etc. Loin d’être aussi sophistiquées et complexes à produire que les puces haut de gamme réservées à l’entraînement des modèles d’IA, elles jouent cependant un rôle fondamental dans notre économie.
« Nexperia occupe une position critique au sein de l’industrie automobile et des chaînes de valeur industrielles en général, y compris dans la défense et l’aérospatial. Elle produit de très gros volumes de puces simples, mais importantes », précise Chris Miller, auteur de La Guerre des semi-conducteurs (Editions L’Artilleur).
La société a été rachetée en 2019 par le géant chinois Wingtech. Fin septembre, le gouvernement néerlandais a pris le contrôle de Nexperia, justifiant son action par des craintes de voir la production délocalisée en Chine, menaçant la souveraineté industrielle européenne autour de ces semi-conducteurs. La prophétie s’est toutefois avérée autoréalisatrice, conduisant Pékin à riposter derechef en bloquant les livraisons de puces de Nexperia vers ses clients européens, et causant un vent de panique parmi les industriels du Vieux Continent, en particulier ceux de l’automobile, déjà menacés par les droits de douane de Trump et la concurrence des voitures chinoises.
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