Le bilan amer de la 5G, cinq ans après son lancement
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Un logo 5G lors du salon du Mobile World Congress en 2018.
YV/BSP - REUTERS - YVES HERMAN
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Un logo 5G lors du salon du Mobile World Congress en 2018.
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« La 6G ? On va aborder ce sujet avec prudence », a prévenu avec placidité Juliette Lallemand Victor, la secrétaire générale de Bouygues Telecom, lors d’une conférence de l’Autorité de régulation des télécoms, la semaine dernière. Une manière polie de signifier que les opérateurs hésitent à miser sur le futur standard de téléphonie mobile 6G, même si sa normalisation est prévue dès 2029. Chat échaudé craint l’eau froide.
« Il est encore trop tôt pour dire si la 6G va apporter réellement de nouveaux services ou si elle va seulement avoir un apport capacitif comme la 5G. On a surpromis la 5G », a encore regretté la porte-parole de Bouygues Telecom. Presque cinq ans après son lancement, le bilan de la 5G est amer. Cette technologie a été comme un mirage pour les opérateurs. Ils avaient anticipé son lancement, rêvé des usages disruptifs et des retombées économiques juteuses. Mais rien ne s’est passé comme prévu, à part les montants astronomiques qu’ils ont investis dedans.
Il a d’abord fallu acquérir des fréquences mobiles à l’automne 2020. L’Etat a choisi un mécanisme mixte, combinant une attribution à prix fixe et une mise aux enchères des fréquences pour Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR. Coût de l’opération pour ces quatre acteurs : 2,8 milliards d’euros versés en 2020.
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Les opérateurs étaient aussi contraints à des obligations de couverture. Ils revendiquent aujourd’hui toucher entre 84 et 94% de la population française, même si aucune étude officielle ne vient confirmer ces chiffres. Et le déploiement de ce réseau a eu, lui aussi, un coût : 8,3 milliards d’euros d’investissements réalisés entre 2020 et 2024, d’après les derniers chiffres communiqués par le gendarme des télécoms. Au total, la facture s’élève pour le moment à 11,1 milliards d’euros. Et ce n’est pas fini : les opérateurs doivent couvrir 100% des Français d’ici 2030. Il y aura donc encore de nouvelles antennes à installer.