MH370 : un contrat à 70 millions de dollars pour percer enfin le mystère du Boeing disparu
latribune.fr
Un homme consulte un tableau d’affichage destiné aux passagers du vol MH370 de Malaysia Airlines disparu, lors de la quatrième cérémonie commémorative annuelle organisée à Kuala Lumpur, en Malaisie, en 2018.
/FW1FP/Martin Petty - REUTERS - Lai Seng Sin
Vol MH370 : reprise des recherches par Ocean Infinity pour localiser l'épave
Malgré des tentatives massives restées vaines, le gouvernement malaisien donne une nouvelle chance de retrouver le vol MH370, disparu il y a près de dix ans. Pourquoi cette nouvelle phase de recherches est-elle relancée et quelle est la zone ciblée ? L'enjeu est de taille : apporter une conclusion aux familles et comprendre les défaillances du crash.
Le mystère du vol MH370, disparu des radars le 8 mars 2014 avec 239 personnes à bord sur la liaison Kuala Lumpur-Pékin, est sur le point d’entrer dans une nouvelle phase d’investigation. Le ministère malaisien des Transports a annoncé ce mercredi 3 décembre la reprise des recherches par la société britannique Ocean Infinity. Les opérations doivent débuter le 30 décembre dans une zone de l’océan Indien jugée comme présentant « la plus forte probabilité de localisation de l’avion », selon les déclarations du ministère.
Cette décision intervient après une première tentative infructueuse de la même société en 2018, et l’interruption des recherches en avril de cette année-là en raison de conditions météorologiques défavorables. Les investigations précédentes, menées par l’Australie, avaient déjà pris fin en janvier 2017 sans succès, malgré des moyens considérés comme les plus importants jamais déployés dans l’histoire de l’aviation.
Un accord financier strict pour Ocean Infinity
L’engagement d’Ocean Infinity, spécialisée dans l’exploration maritime, repose sur un modèle financier de type « sans résultats, sans frais ». Le gouvernement malaisien a posé une condition claire : la société recevra 70 millions de dollars uniquement si elle obtient des résultats significatifs, autrement dit, si l’épave du Boeing 777 est retrouvée.
Cette proposition avait été acceptée sur le principe par le gouvernement dès le 13 décembre, suite à la demande d’Ocean Infinity de poursuivre les recherches. Le ministre des transports, Anthony Loke, a insisté sur l’obligation et l’engagement des autorités envers les proches des victimes, soulignant que la proposition de l’entreprise était solide et méritait examen. La nouvelle zone de recherche, estimée à 15 000 kilomètres carrés dans le sud de l’océan Indien, est basée sur les « dernières informations et analyses de données menées par des experts et des chercheurs ».
Dépasser les défaillances passées et les théories persistantes
Retrouver l’épave est le seul moyen de lever le voile sur les causes du crash et de dissiper la multitude de théories qui ont circulé depuis 2014. Dans un rapport publié en 2018, la Malaisie a mis en exergue des défaillances dans le contrôle aérien et a confirmé que la trajectoire de l’avion avait été modifiée manuellement. Ce même rapport n’a toutefois abouti à aucune conclusion définitive sur le sort de l’appareil.
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Malgré l’absence de l’épave principale, quelques fragments ont été récupérés, dont un à La Réunion en 2015. L’enquête initiale n’avait pas exclu la possibilité d’un détournement délibéré de sa route, allant jusqu’à évoquer l’hypothèse d’un acte suicidaire ou politique impliquant le commandant de bord, Zaharie Ahmad Shah, pilote expérimenté de 53 ans.
Les chances de succès restent faibles, comme l’a reconnu le ministre des Transports, en raison du manque d’informations précises sur le point de disparition et de l’immensité de la zone à fouiller. À titre de comparaison, il avait fallu deux ans pour localiser l’Airbus A330 d’Air France qui s’était écrasé dans l’Atlantique Sud en 2009.
Pression des familles
La reprise des recherches répond également à une forte pression des proches, notamment ceux de nationalité chinoise, qui représentaient la principale nationalité à bord. Ces familles avaient enjoint le chef du gouvernement malaisien à reprendre les investigations par une lettre ouverte. Elles se disaient même prêtes à « investir leur propre argent ou à coopérer avec des personnes et des entreprises compétentes » pour poursuivre la traque.
Le Premier ministre Anwar Ibrahim avait lui-même évoqué la possibilité de relancer les recherches en mars dernier, réclamant des preuves « convaincantes » pour justifier un tel engagement. La proposition d’Ocean Infinity a été jugée suffisamment persuasive pour emporter la décision. L’espoir du ministre Anthony Loke est que « cette fois-ci sera positive, que l’épave sera retrouvée et que les familles pourront tourner la page ».
La nouvelle campagne d’investigation, dont le contrat doit être finalisé avant le début des opérations, devrait se dérouler entre janvier et avril, période considérée comme la plus favorable pour les recherches sous-marines dans cette région de l’océan Indien.