Bagage cabine gratuit en avion : la proposition du Parlement européen qui affole les compagnies aériennes
latribune.fr
Les eurodéputés souhaitent garantir aux passagers le droit d'embarquer sans frais supplémentaires un "effet personnel" (sac à main, sac à dos, ordinateur portable...) ainsi qu'un bagage cabine.
Le Parlement européen veut imposer la gratuité d’un bagage cabine pour tous les passagers, une mesure qui inquiète les compagnies low cost dont le modèle repose largement sur les revenus annexes.
Le débat sur la gratuité du bagage cabine s’invite au cœur du modèle économique des compagnies low cost. Le Parlement européen a voté la semaine dernière en faveur d’un renforcement des droits des passagers, incluant la possibilité d’emporter gratuitement en cabine un article personnel et un petit bagage à main. Une initiative qui suscite une vive opposition parmi les acteurs low cost du secteur aérien.
Dans le cadre d’un projet de loi visant à renforcer la protection des voyageurs, les eurodéputés souhaitent garantir aux passagers le droit d’embarquer sans frais supplémentaires un « effet personnel » (sac à main, sac à dos, ordinateur portable...) ainsi qu’un bagage cabine de 7 kg maximum, dont les dimensions cumulées ne dépassent pas 100 cm.
La mesure, qui doit encore être approuvée par le Conseil de l’Union européenne pour entrer en vigueur, s’appliquerait à tous les vols au départ ou à destination d’un aéroport de l’UE opérés par une compagnie basée dans l’Union. Elle pourrait ainsi concerner la majorité des vols court-courriers européens. Pour les défenseurs du texte, il s’agit de mettre fin à une politique tarifaire jugée opaque, où le prix d’appel d’un billet peut parfois être inférieur au coût du bagage cabine.
EasyJet vent debout
Du côté d’EasyJet, la réaction ne s’est pas fait attendre. Le directeur général de la compagnie, Kenton Jarvis, a dénoncé la proposition qualifiée de « saugrenue », estimant qu’elle entraînerait des hausses de tarifs et des retards. Sur le plan opérationnel, « il n’y a tout simplement pas assez de place en cabine, c’est donc une autre idée saugrenue, estime-t-il. On en reviendrait à l’époque où il fallait décharger les bagages cabine et les mettre en soute, ce qui entraînerait des retards de vols ».
Au-delà des considérations logistiques, c’est surtout l’impact économique qui inquiète les compagnies low cost. Les revenus annexes — incluant notamment les frais de bagages — représentent une part substantielle de leur chiffre d’affaires. Selon le Guardian, ces recettes additionnelles ont ainsi dépassé pour EasyJet 2,5 milliards de livres sur un an (2,88 milliards d'euros)
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La politique tarifaire agressive des acteurs du low cost, avec régulièrement des vols affichant un prix inférieur au tarif proposé pour un bagage, serait directement impactée. Si le Conseil valide la position du Parlement, les compagnies devront jongler entre hausse des tarifs, réorganisation opérationnelle et compression des marges. Une équation délicate dans un secteur où la guerre des prix reste intense, et où chaque euro de revenu additionnel compte.