Cette réunion avait de quoi inquiéter les défenseurs de la cause environnementale. Mais les grands patrons de l’aérien européen se sont montrés relativement raisonnables en appelant à une prise de conscience sur la disponibilité et l’accessibilité des carburants d’aviation durables (SAF), sans pour autant remettre en question le modèle des mandats d’incorporation.
Réunis au sein du lobby Airlines for Europe (A4E), Ben Smith (Air France-KLM), Carsten Spohr (Lufthansa Group), Luis Gallego (IAG), Kenton Jarvis (EasyJet) et Michael O’Leary (Ryanair) ont tout de même posé un certain nombre de conditions en vue de stimuler ce marché, toujours atone selon eux. Ils mettent ainsi une pression certaine sur la Commission européenne, qui prépare son plan d’investissement dans les transports durables (STIP) dans le cadre du Pacte pour une industrie propre dévoilé en début d’année.
Ce plan doit être publié d’ici la fin du mois selon Ourania Georgoutsakou, directrice générale d’A4E, même si Apostolos Tzitzikostas, commissaire européen aux transports durables, a plutôt parlé du mois prochain. Il a pour objectif de réduire « les risques liés aux investissements nécessaires pour accélérer rapidement la production et la distribution de carburants renouvelables et bas carbone destinés aux transports », afin d’atteindre les objectifs européens en la matière. Dans le cas de l’aérien, c’est la tenue des objectifs définis par le plan RefuelEU Aviation, à savoir l’incorporation de SAF à hauteur de 2 % cette année, 6 % en 2030 avant une accélération à 20 % en 2035 jusqu’à atteindre 70 % en 2050.