Grève à la SNCF : le trafic ferroviaire fortement perturbé ce mercredi
latribune.fr
Des TGV sont annulés ce mercredi matin, mais aussi des trains régionaux ou de banlieue dans le cadre d'une grève de 24 heures organisée par les syndicats de la SNCF.
REUTERS - Sarah Meyssonnier
Le trafic ferroviaire subit d'importantes perturbations ce mercredi matin en raison d'une grève de 24 heures à l'appel des quatre principaux syndicats de la SNCF. Un TGV sur trois et la moitié des Intercités sont annulés, tandis que le réseau régional TER est fortement impacté.
Des TGV sont annulés ce mercredi matin, mais aussi des trains régionaux ou de banlieue dans le cadre d'une grève de 24 heures organisée par les syndicats de la SNCF. Le trafic mercredi matin est conforme aux prévisions, a indiqué SNCF Voyageurs : le trafic régional est « fortement perturbé », et sur les grandes lignes en moyenne un TGV sur trois annulé et un train Intercités sur deux.
Dans la région parisienne, seul le RER A ne devrait pas être trop touché par le mouvement, selon les prévisions de trafic. Sur les autres lignes, un train sur deux ou sur trois devrait circuler mercredi.
Moratoire sur l’ouverture à la concurrence
Les quatre principaux syndicats de l'entreprise ferroviaire publique, CGT-Cheminots, Unsa Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots, qui ont lancé l'appel à la grève, demandent un moratoire sur l'ouverture à la concurrence ainsi que des hausses de salaire pour faire face à l'inflation. Au cœur de la protestation se trouvent les filialisations lancées depuis l'an dernier par la SNCF au fur et à mesure du lancement par les régions d'appels d'offres pour déterminer qui exploitera les lignes de trains au départ de chaque métropole régionale.
Quand bien même l'appel d'offres serait remporté par la SNCF elle-même, l'entreprise crée une « nouvelle entité privée », dans laquelle elle « transfère ses personnels s'ils veulent bien l'être », explique Julien Delion, conducteur à la SNCF et secrétaire du syndicat CGT-Cheminots de Bayonne. « Avec à la clé moins de jours de repos et des temps de travail plus longs. »« S'ils refusent le transfert, ils seront licenciés parce qu'en fait, c'est tout un territoire qui bascule, donc ils n'ont pas d'autre option localement », souligne-t-il, jugeant « l'ambiance très anxiogène » dans les Landes et les Pyrénées-Atlantiques notamment, où l'ouverture à la concurrence doit se faire prochainement.
Au total, « 27 000 salariés SNCF » sont « embarqués dans la concurrence » et potentiellement transférés dans des filiales locales de la taille d'une PME de 400 ou 500 personnes, a confirmé mardi à Paris Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué chez SNCF Voyageurs, lors du salon du transport public Mobco. Il admet qu'il s'agit d'une « transformation interne majeure », mais affirme tout faire pour que le transfert se passe bien.
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Neuf régions
Au total, neuf régions TER sur onze ont lancé ou s'apprêtent à lancer des appels d'offres pour exploiter leur réseau. Seules deux régions, l'Occitanie et la Bretagne, attendent la fin de la convention qui les lie à la SNCF. Mais à terme, toutes les lignes de TER devront être mises en concurrence d'ici fin 2033, prévoit la loi. Si les élus y voient le potentiel pour améliorer la qualité et le nombre de trains, les syndicats de salariés estiment que les gains de productivité se font sur le dos des salariés.
La concurrence a aussi démarré sur les lignes TGV, sans appel d'offres cependant, car plusieurs opérateurs peuvent exploiter une même ligne, comme Trenitalia et SNCF Voyageurs sur Paris-Lyon et Paris-Marseille.
Pour les syndicats qui font le parallèle avec France Telecom il y a quelques années, le bouleversement dans les habitudes de travail est tel que ce sont les plus fragiles qui trinquent : 13 suicides ont été comptés à la SNCF depuis début 2026.