Eurodéputés et États membres se réunissent depuis ce mardi à Bruxelles pour tenter de débloquer la réforme des indemnisations des passagers aériens. Face au coût annuel de 8,1 milliards d'euros dénoncé par les compagnies, les Vingt-Sept prônent un allègement des sanctions, tandis que le Parlement s'y oppose.Une réunion entre eurodéputés et États membres a démarré en début d'après-midi à Bruxelles et pourrait s'éterniser dans la nuit.
La réforme retoucherait le système actuel adopté il y a une vingtaine d'années et qui prévoit jusqu'à 600 euros d'indemnisation quand un vol est retardé d'au moins quatre heures pour les vols internationaux de plus de 3 500 kilomètres. Les compagnies aériennes se plaignent régulièrement de cette charge financière, évaluée à 8,1 milliards d'euros par an par la Commission européenne. Elles affirment même être poussées à annuler des vols plutôt qu'à les retarder, par crainte de décaler les vols suivants et de payer des indemnités en cascade.
L'an dernier, une majorité des 27 États membres a voté en faveur d'un allègement de la facture des compagnies aériennes. La réforme approuvée alors prévoyait d'indemniser des retards lorsqu'ils dépassent quatre heures pour les vols jusqu'à 3 500 km, et six heures au-delà. Les montants d'indemnisation avaient également été abaissés, à 500 euros maximum. Mais le Parlement a rejeté en bloc cette proposition, en se prononçant pour des dédommagements au moins à la hauteur de ceux en vigueur actuellement.
De nouveaux droits pour les passagers
La réforme doit aussi accorder de nouveaux droits aux passagers. Les eurodéputés souhaitent notamment que les compagnies soient obligées d'inclure dans le prix du billet un bagage cabine de 7 kg ainsi qu'un petit sac, et qu'il soit interdit de faire payer les parents pour être assis à côté de leurs enfants.
Des années de négociations n'ont jusqu'à présent pas permis d'aboutir à un accord. D’autant que les précédentes discussions étaient restées dans l'impasse, tant les avis divergent entre le Parlement et les États dans ce dossier. En cas d'échec, les règles actuelles resteraient en vigueur.