Le Sénat débute cette semaine l'examen de la loi-cadre sur le financement des transports. Les associations de défense des lignes de train délaissées sont montées à Paris pour réclamer des mesures d'urgence.
Ils se sont levés aux aurores pour être devant le Sénat à la mi-journée. Plusieurs sont même partis la veille. Leur but commun : monter à la capitale en train, depuis le centre de la France, pour défendre leur ligne. « Quand vous habitez en territoire isolé, vous êtes obligé d'anticiper en permanence vos trajets », témoigne Delphine Cabelguenne, co-présidente d'une association qui défend la relance des trains entre Clermont-Ferrand et Saint-Etienne. Autour d'elle, des drapeaux qui arborent des rails barrés par une tête de mort.
« Il ne faut pas attendre les années 2030 pour mobiliser des financements, comme le vise la loi-cadre. Notre ligne est déjà suspendue depuis 2016 car on attend des travaux que personne ne veut financer », montre-t-elle.
Une cinquantaine de personnes, portant la voix de 37 collectifs locaux, se sont regroupées sous la bannière « La Colère des sans-trains » ce 14 avril devant les grilles du jardin du Luxembourg. La moyenne d'âge dépasse les cinquante ans, à l'image de revendications qui ne datent pas d'aujourd'hui : « Il nous faut des financements d'urgence pour les petites lignes qui ferment les unes après les autres! »
Jugée prometteuse par les défenseurs du ferroviaire dans les territoires, la démarche est finalement perçue comme inaboutie. « Nous sommes là pour refuser cette loi vide de sens. Nous voulons une loi de programmation dotée de financements, qui nous permette d'avoir une vision à dix ans de ce qu'on veut faire pour le ferroviaire », tonne Bernard Peuch, porte-parole des « sans-trains ». La manne autoroutière ne serait en effet mobilisée qu'à partir de 2032 au plus tôt.
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