Seize ans après la disparition du vol AF447 dans l’Atlantique sud, le feuilleton judiciaire n’est toujours pas fini. Un nouveau chapitre s’ouvre ce lundi avec la tenue d’un nouveau procès à la Cour d’appel de Paris. Airbus et Air France sont à nouveau côte à côte sur le banc des accusés, tandis que la détermination des parties civiles reste entière.
Trois ans après le premier procès du vol Rio-Paris, Airbus et Air France sont appelés à comparaître à nouveau devant la justice. Ils doivent répondre de l’accusation d’homicides involontaires à la suite de l’accident du vol AF447, opéré par un Airbus A330 d’Air France, le 1er juin 2009. Celui-ci s’était écrasé dans l’Atlantique sud, en pleine nuit, entraînant la mort de 228 passagers et membres d’équipage.
L’audience s’ouvre ce lundi à 13 h 30 devant la première chambre de la cour d’appel de Paris, et ce pour deux mois. « Les sociétés sont jugées en appel pour avoir entre Rio de Janeiro et Roissy Charles de Gaulle, le 1er juin 2009, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence imposée par la loi ou le règlement, involontairement causé la mort de l’ensemble des passagers et de l’équipage de l’appareil effectuant le vol AF447 ».
C’est-à-dire les mêmes chefs d’accusation que lors du procès devant le tribunal correctionnel, qui s’est tenu en 2022. Il est ainsi reproché à Air France de n’avoir pas mis en œuvre une formation adaptée aux situations d'« IAS douteuse » à haute altitude, à savoir l’affichage par l’avion d’une vitesse indiquée (Indicated airspeed - IAS) clairement erronée, voire une perte d’indication de vitesse. Une situation à laquelle l’équipage du vol AF447 a justement été confronté, après le givrage des sondes Pitot, développées par Thales pour mesurer la vitesse en vol. Le second porte sur l’information des équipages à la suite de la multiplication d’occurrences similaires chez Air France et d’autres compagnies, qui se sont produites de façon encore inexpliquée à partir du début des années 2000, avec un pic en 2008 et au début de l'année 2009.
Airbus devra quant à lui répondre du fait d’avoir sous-estimé les défaillances des sondes Pitot, en dépit d’une accélération du nombre d’événements liés à ces équipements. Le constructeur européen devra se justifier de son choix de ne pas avoir imposé le changement de sonde, et de ne pas avoir averti et contribué à la formation des équipages en conséquence.
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