Première marque chinoise en Europe, MG vise 300 000 ventes cette année. Pour contourner les surtaxes douanières de 45,3%, la firme de Shanghai bascule ses ventes sur des modèles hybrides et concurrence notamment la filiale roumaine à bas coûts de Renault.Marques chinoises ? BYD, Geely, voire Leapmotor contrôlée par Stellantis (pour la partie internationale), sont les plus connues. Paradoxalement, MG passe sous les radars politico-médiatiques. Est-ce le nom so British de cette vieille marque anglaise qui trompe ? Créé en 1924 à Oxford, le label a été racheté en effet par le groupe chinois SAIC il y a vingt ans ! Pourtant, la filiale qui n’a plus rien de Britannique, est bel et bien aujourd'hui le… premier constructeur auto chinois en Europe. Et de loin !
300 000 unités prévues
Sur neuf mois, MG a immatriculé en Europe 226 000 voitures neuves (+35%), devant son compatriote BYD (121 000). MG a même doublé Nissan et Volvo en septembre, selon les chiffres de l’ACEA (Association des constructeurs européens). « Nous visons 300 000 ventes en Europe cette année », assure Julien Robert, directeur des ventes de la filiale française. Contre 244 600 l’an passé et… 25 000 seulement en 2020 ! En France, quatrième débouché européen de MG derrière le Royaume-Uni, l’Italie et l’Espagne, la firme table sur « 35 000 véhicules cette année », contre 25 800 l’an dernier… et 700 il y a cinq ans.
Les droits de douane sur les MG électriques importées en Europe se montent pourtant depuis un an à 45,3%. MG est même le constructeur pour lequel les taxes sont les plus fortes parmi toutes les firmes chinoises. « Il y a une corrélation entre les volumes que nous avons vendus jusqu’ici en Europe et le montant des taxes encourues, même si la Commission ne le dit pas », juge Julien Robert.
Dans ce contexte, comment fait donc la marque pour vendre quand même et afficher une telle croissance ? C’est simple : « On a complètement changé de stratégie », souligne, non sans ironie, le directeur commercial et responsable du réseau. Devinant que des surtaxes allaient venir, la firme a tout d’abord fait des provisions, important énormément de véhicules avant l’entrée en vigueur de ces droits début juillet 2024, surstockant jusqu’à 7 000 unités en France pour tenir au moins jusqu’en novembre 2024.