L'incertitude financière qui pèse sur les LGV du Sud-Ouest s'ajoute à une interrogation en vallée de Garonne : combien de gravières verront le jour pour approvisionner le chantier en granulats ? Les volumes n’ont toujours pas été précisément estimés, alors que les craintes sur les conséquences écologiques sont grandes.
Dans un brouillard de plus en plus dense en matière de financement de l’État, le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse connaît des remous. La discorde budgétaire, qui pose déjà des questions sur la participation publique, n'aide pas non plus à planifier sereinement le chantier. Une certitude reste : s'il avait lieu, il serait très gourmand en granulats.
D’après les estimations du Schéma régional des carrières de Nouvelle-Aquitaine validé en 2025, la portion Bordeaux-Toulouse engendrerait un pic de besoins à hauteur de 12 millions de m3 entre 2027 et 2030.
Mais de ces 12 millions de m3, personne n'en sait plus. Quels types de granulats sont demandés ? La ressource locale sera-t-elle privilégiée ? De l’avis de différents professionnels du secteur, le « flou » règne autour des besoins précis du chantier orchestré par SNCF Réseau. « Que ce soit pour les remblais, les cailloux pour faire le béton ou le ballast, rien n’a été lancé de leur côté », abonde Frédéric Dudilot, secrétaire général de l'Unicem en Nouvelle-Aquitaine, l'union des industriels des carrières.
Concernant la grave alluvionnaire (le gisement de granulats), présente en quantité dans la plaine de Garonne, SNCF Réseau en mentionnait le besoin il y a plus de 10 ans, en 2015, dans un rapport consécutif à l’enquête publique : les alluvions de la vallée de Garonne « constituent une réserve de matériaux intéressants et propices à l’utilisation en remblai, voire, pour une certaine fraction, en couche de forme[plateforme qui permet aux couches supérieures d’être parfaitement résistantes, ndlr]. »
Le béton utilisé pour les 227 ouvrages d’art – ponts et viaducs – prévus sur le tracé nécessitera également cette ressource abondante en vallée de Garonne. Pour le ballast en revanche, une roche plus grosse qui recouvre le remblai, il faudra aller chercher la ressource beaucoup plus loin car la plaine de Garonne est quasiment dépourvue de carrières du genre.
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