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Transports

Fin des trains de nuit Paris-Berlin et Vienne : les raisons de leur arrêt

Photo de Agathe Perrier

Agathe Perrier

Publié le 29 septembre 2025 à 15:25

La ligne emblématique de nuit entre Paris et Berlin a été relancée en décembre 2023, neuf ans après sa fermeture.

La ligne emblématique de nuit entre Paris et Berlin a été relancée en décembre 2023, neuf ans après sa fermeture.

REUTERS - Annegret Hilse

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Les trains de nuit ne circuleront plus dès le 14 décembre prochain entre Paris et Berlin ainsi qu’entre Paris et Vienne. Les compagnies ferroviaires exploitantes, dont la SNCF, l’expliquent par un désengagement de l’État, qui le justifie par « des choix budgétaires difficiles ».

Ils n’auront même pas circulé deux ans. Les trains de nuit de la ligne Berlin-Paris, inaugurée en décembre 2023, ne « pourront plus être proposés à partir du 14 décembre 2025 », ont fait savoir ce lundi les compagnies ferroviaires SNCF et ÖBB, qui les exploitent aux côtés de la Deutsche Bahn. Idem pour ceux de la liaison Vienne-Paris, en circulation depuis à peine plus longtemps, depuis décembre 2021.

La cause ? L’arrêt d’une subvention octroyée par le gouvernement français, qualifiée d’« indispensable » pour assurer la « viabilité économique » des lignes, avancent les deux groupes. L’État français les subventionnait en effet jusqu’à présent, à hauteur de 8 millions d’euros pour les deux, a confirmé ce mardi le ministère des Transports à la presse.

Cette somme sera désormais fléchée ailleurs. « Cette décision [de retirer la subvention] s’inscrivait dans le cadre de la préparation du budget souhaité par [l’ex-Premier ministre] François Bayrou [dans son objectif de réaliser 44 milliards d’économies en 2026]. Le cadrage transports a contraint le ministère à faire des choix budgétaires difficiles. Le budget des transports étant déjà très contraint, la priorité a été donnée au maintien des lignes intérieures nationales », a précisé le ministère des Transports.

Actuellement et depuis la relance des trains de nuit entre Paris et Nice en 2021, huit lignes sont opérationnelles à l’intérieur des frontières françaises. Toutes au départ de la capitale, elles permettent de desservir dix destinations (Albi, Argelès-sur-Mer, Aurillac, Ax-les-Thermes, Briançon, Cannes, Lourdes, Montpellier, Nice et Toulouse), d’après la SNCF.

Une desserte quotidienne jamais assurée

Cet arrêt n’est pas une surprise totale. La semaine dernière, le collectif « Oui au train de nuit » avait tiré la sonnette d’alarme sur ce possible retrait de subvention et donc l’éventuelle disparition de ces lignes. Selon ce collectif, l’État reprochait aux opérateurs de ne pas avoir respecté « leur promesse de créer une desserte quotidienne » entre les capitales européennes, les trains ne circulant actuellement que trois jours par semaine. Le ministère des Transports n’a toutefois pas réagi à cette information depuis.

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Une allégation dont se défend en tout cas la SNCF ce mardi dans son communiqué. « Le passage en circulations quotidiennes à compter de 2026, comme c’était l’objectif initial, n’était plus envisageable compte tenu des travaux très importants sur le réseau en France et en Allemagne », indique-t-elle.

Les opérateurs avaient toutefois indiqué, au moment du lancement de la ligne Berlin-Paris, que le service devait devenir quotidien « à partir d’octobre 2024 ». Un calendrier par la suite décalé, cette liaison ayant notamment été suspendue pendant plus de deux mois pendant l’été 2024, en raison de travaux présentés comme nécessaires sur plusieurs tronçons du parcours.

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Manque de viabilité

Les trains de nuit entre Paris et Berlin d’un côté, et Vienne de l’autre, ont pourtant trouvé leur public à en croire la SNCF. Le taux d’occupation de ces deux lignes s’est affiché en moyenne à 70 % en 2024, selon les chiffres avancés par la compagnie française. Reste que cela ne leur permet pas d’être « viables économiquement sans subvention de l’État », précise-t-elle.

La SNCF avance en effet que l’exploitation des trains de nuit est « un énorme défi économique ». D’une part, en raison de recettes limitées. Car, contrairement à une ligne de jour où un siège peut être occupé par jusqu’à quatre passagers différents en une journée, une place dans un train de nuit n’est occupée que par un seul passager par jour, détaille l’entreprise ferroviaire.

À cela s’ajoute un coût du personnel plus élevé, en raison de besoins plus importants, notamment à cause du « passage des frontières », où il est également nécessaire de changer de locomotive et d’équipage.

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La compagnie ÖBB n’entend toutefois pas baisser les bras. Elle a indiqué ce mardi qu’elle continuerait d’investir dans les trains de nuit avec « davantage de capacité et de confort sur les lignes existantes ». Pionnière sur le marché, c’est elle qui a redonné un second souffle à ce mode de transport nocturne délaissé dans les années 2010, en rachetant puis rénovant de vieux trains de la Deutsche Bahn à partir de 2016. Elle a par la suite investi plusieurs centaines de millions d’euros dans de nouvelles voitures et étendu peu à peu son réseau dans toute l’Europe, nouant des partenariats avec les compagnies concernées. Dont la France, pour encore quelques semaines seulement.

Agathe Perrier

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