Constructeurs et équipementiers automobiles remettent cette semaine leur catalogue de propositions à la Commission. Mais ils ne sont pas d’accord entre eux, les États non plus. Le chancelier allemand estime ce jeudi que les objectifs du tout électrique en 2035 sont carrément « erronés ».Constructeurs et équipementiers automobiles européens remettent cette semaine leurs propositions à la Commission européenne. Pour sauver l’industrie auto du Vieux Continent, en grave danger. L’ACEA (Association des constructeurs) a appelé ainsi mercredi à assouplir l'interdiction de la vente de véhicules thermiques neufs en 2035.
« La réglementation actuelle sur les émissions de CO2 a mis en place une trajectoire très rigide », affirme Sigrid de Vries. La directrice générale du lobby auto explique que les objectifs de l'Union ne sont « plus atteignables de manière réaliste ». Le chancelier allemand Friedrich Merz a d’ailleurs reçu ce jeudi les dirigeants des constructeurs, fournisseurs, syndicats, mais aussi les présidents des régions abritant des usines automobiles. A cette occasion, il a estimé que l’objectif du tout électrique dans dix ans était carrément « erroné ».
Rappelons que Bruxelles n’a pas seulement prévu d’autoriser la seule vente des véhicules zéro émission en 2035. L’Union a aussi imposé une étape intermédiaire draconienne, à savoir une réduction moyenne des émissions de CO2 des véhicules neufs de 55% entre 2021 et… 2030 ! Pour les voitures neuves comme pour les utilitaires légers. « Leur moyenne d’émissions devrait descendre de 93 grammes au kilomètre en 2025 à 50 en 2030 », explique Christophe Aufrère, nouveau directeur général de la PFA (Plateforme automobile française), qui représente les constructeurs et équipementiers tricolores.
2,6 milliards d'euros de pénalités
« Cela signifie concrètement que, pour y parvenir, les véhicules électriques devraient représenter 25% du marché dès cette année, alors qu’on est à 18% (voitures particulières) », insiste cet ancien directeur technique de l’équipementier auto français Forvia. Or, les pénalités prévues par Bruxelles sont très lourdes ! Stellantis évalue carrément à 2,6 milliards d’euros les pénalités qu’il encourrait… à horizon 2027.