Les mesures automobiles annoncées mi-décembre par la Commission viennent contrecarrer le projet Eurocar, un mini-modèle pas cher de 3,50 mètres de long. A ce stade, aucune mesure européenne n’est prévue pour soutenir des tout petits véhicules d’entrée de gamme.Après les annonces de la Commission européenne le 16 décembre dernier, « le projet perd de son intérêt », regrette une source interne de Stellantis. Le projet ? Un mini-véhicule pas cher baptisé Eurocar, concocté par le groupe et la marque Citroën en particulier.
« Il manque des voitures à moins de 15 000 euros sur le marché », expliquait début décembre Xavier Chardon, au centre technique ADN de Stellantis à Vélizy (Yvelines). « Cette absence coupe nombre de clients du marché des véhicules neufs, du coup le parc vieillit », soulignait le nouveau directeur de Citroën, en marge de la présentation du concept de monospace ELO. « Il y a un besoin et le projet de petite voiture qui remplacerait l’ancienne C1 est légitime pour la marque », ajoutait l’ex-PDG du groupe Volkswagen France.
Co-produite avec les Peugeot 107-108 et la Toyota Aygo en République tchèque, la C1 avait constitué un beau succès pour la firme aux chevrons dans ses deux générations successives (1,2 million d’unités vendues de 2005 à 2022). Il est vrai que cette C1 était disponible à partir de 10 000 euros (en 2015).
Il n’y a plus aujourd’hui qu’un seul modèle à moins de 15 000 euros sur le marché français : c’est la Dacia Sandero. Et encore dans sa version la plus dépouillée et la moins puissante. En vingt ans, le prix moyen des autos urbaines a il est vrai « bondi de 10 000 à 25 000 euros », constatait déjà Luca de Meo, directeur général de Renault, avant son départ en juillet 2025 pour Kering.