Mercedes n’échappe pas à la crise. Traditionnellement l’un des constructeurs les plus rentables du monde grâce à ses véhicules vendus entre 39 450 (Classe A de base) et 231 050 euros (AMG GT) en France, la firme à l’étoile voit sa profitabilité chuter lourdement. Au troisième trimestre 2025, la marge de la division automobile frise les 4,8 %, un niveau à peine digne habituellement d’un constructeur généraliste médiocre. Contre 5,1 % au deuxième, 7,3 % au premier. Soit 5,7 % en moyenne sur neuf mois.
Il y a deux ans à peine, la marge du spécialiste allemand des voitures haut de gamme ressortait à 12,8 %. Voire 14 % sur le seul premier semestre 2023. La firme de Stuttgart était alors championne derrière Ferrari et… à égalité avec Stellantis. Mais, les prix de vente étaient alors au plus fort suite à la pénurie de composants électroniques, Donald Trump n’avait pas encore fait son retour et les Allemands régnaient sur le marché chinois. Las.
Au troisième trimestre 2025, le constructeur souabe subit une chute marquée de ses ventes (-12,3 % à 441 450 unités). Le plongeon est… particulièrement marqué en Chine (-27 %, après -19 % au deuxième trimestre), son débouché principal. Depuis deux ans, les firmes allemandes y connaissent en effet une sérieuse érosion de leurs ventes, les modèles germaniques étant concurrencés par les marques locales, y compris dans le haut de gamme. Celles-ci « sortent progressivement les étrangers du pays », analyse Alexandre Marian. Le directeur associé du cabinet d’expertise Alix Partners estime que, à l’horizon 2030, les constructeurs chinois devraient occuper les trois quarts de leur marché intérieur, contre 61 % en 2024, 50 % en 2022.