À Saintes, dans un ancien technicentre SNCF, l’école publique SupFerro formera bientôt des ingénieurs aux métiers du ferroviaire. Face à d’énormes besoins de recrutements, 40 industriels soutiennent cette « usine-école » portée par l’université de La Rochelle et la Région Nouvelle-Aquitaine à l'horizon 2028.Cela fait plus d'un siècle que les entreprises de l'aérospatiale peuvent compter sur les ingénieurs de l'Isae-SupAéro tandis que la filière de l’électricité et du nucléaire s'appuie sur CentraleSupÉlec. De son côté, le ferroviaire, un autre savoir-faire d’excellence tricolore, est resté paradoxalement orphelin d’une telle structure de formation. Un impair qui sera bientôt réparé en Charente-Maritime : « Nous faisons ici un totem de la réindustrialisation avec la première école publique d’ingénieurs dédiée à la filière ferroviaire », a ainsi lancé Alain Rousset, le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, ce 28 mai 2026 à Saintes lors du lancement officiel de SupFerro.
Portée par La Rochelle Université et hébergée au sein de FerroCampus, un ancien technicentre de la SNCF racheté par le conseil régional, l’école formera 180 ingénieurs aux métiers du ferroviaire à partir de Bac +5. La lettre de candidature a été formellement adressée à la CTI (Commission des titres d’ingénieurs) le 22 mai. Et pour appuyer cette demande, la démarche SupFerro est soutenue par une quarantaine d’industriels du ferroviaire, à commencer par la SNCF, Alstom ou encore Hitachi.
Une « usine-école » en chantier
Ces derniers s’engagent à accueillir des stagiaires et des alternants, à offrir des débouchés aux futurs ingénieurs mais aussi à fournir du matériel à ce qui est déjà dépeint comme une « usine-école » dotée d'une voie sur fosse et de machines-outils spécifiques au ferroviaire. Car, en face, les besoins de main-d’œuvre sont énormes : la filière parle de 40 000 postes à pourvoir en France entre 2024 et 2027.
« Ce qui se déroule ici est extrêmement important », insiste Jean Castex, le PDG de la SNCF venu en personne à Saintes. « Vous allez répondre utilement aux besoins de la filière car il faut des femmes et des hommes pour fabriquer, conduire et maintenir les trains et les voies ferrées. Nous recrutons 6 000 personnes en 2026 et nous avons embauché 1 300 cadres ces trois dernières années, dont 500 ingénieurs !», précise-t-il.