A quelques mois des élections municipales, l'autorité organisatrice des transports en commun lyonnais (Sytral) présente ses orientations budgétaires pour 2026 et ses prospectives d'ici 2035. Alors que les investissements ont atteint un niveau historique lors du dernier mandat, le Sytral cherche de nouvelles recettes et prévient déjà qu'une baisse des tarifs entraînerait une réévaluation des projets à venir.Transports en commun : la transformation du réseau lyonnais au coeur des arbitrages budgétaires
Avec près de 2 millions de voyageurs quotidiens et 530.000 abonnements, le réseau lyonnais des transports en commun (qui vient d'absorber l'ensemble des réseaux du département du Rhône (TCL, Cars du Rhône et Libellule depuis le 1er septembre dernier), se place toujours comme le premier réseau de France après Paris.
La feuille de route, établie depuis 2021 par l'écologiste lyonnais Bruno Bernard, se voulait ambitieuse : en l'espace de six ans, l’autorité organisatrice des transports lyonnais (Sytral) aura investi en moyenne 507 millions d'euros par an, contre 210 millions entre 2015 et 2020, pour allonger les lignes de métro, étendre le réseau tramway ou encore enrichir le réseau des bus.
Mais rien n'est encore terminé : création de nouvelles lignes de tramway (T8, T9, T10), d'un réseau de BHNS, et de la poursuite du programme de rénovation des lignes de métro (C, D, A)…
Rien que sur 2026, l'enveloppe dédiée aux investissements devrait franchir le cas inédit des 860 millions d'euros.
« Les besoins de développement ou de modernisation exerceront une pression croissante sur les ressources de l’établissement », ont souligné devant la presse les élus du Sytral ce mercredi.
Des investissements dans un contexte budgétaire tendu
Selon le scénario qui doit être présenté ce jeudi après-midi lors du débat d'orientation budgétaires (DOB) au conseil d'administration du Sytral, dressant les dépenses à engager d'ici 2026 mais aussi les pistes à envisager à l'avenir, le niveau d'investissement programmé ne devrait pas passer sous la barre des 500 millions d'euros annuels avant 2032. Les dépenses de fonctionnement progresseraient de 2,7 % par année d'ici à 2035, tandis que les recettes augmenteraient de 3,2 % par an. Et ce, alors que les deux dernières années ont été marquées par un climat économique et politique volatil (dégradation de la note souveraine française, hausse des taux d’intérêt, retard pris par le budget 2026…).