Transports en commun : Lyon lance une tarification par zones

Pour l'heure, les TER et les transports de l'Ain et de l'Isère ne sont pas inclus dans ce nouveau système unifié.
Laurent Cerino / ADE

Pour l'heure, les TER et les transports de l'Ain et de l'Isère ne sont pas inclus dans ce nouveau système unifié.
Laurent Cerino / ADE
C'est un pas de plus vers le « Mobility as a Service » : le service et la tarification de l'ensemble des réseaux de transports en commun du Rhône (métros, tram et bus TCL, Cars du Rhône, réseau Libellule, transport scolaire) viennent d'être placés sous un même système à compter de ce lundi 1er septembre 2025.
Ces services, divisés en 10 opérateurs (9 privés et une Société publique locale) représentant 262 communes dans les départements du Rhône et de la Loire, vont désormais bénéficier d'une marque unique, TCL (Transports en commun lyonnais), avec une même application mobile pour toute la zone, mais aussi un même système de tarification.
Ce dernier sera divisé en six zones, allant du centre de la Métropole de Lyon (Lyon, Villeurbanne, Décines-Charpieu, Rillieux, Dardilly, Craponne, Saint-Genis Laval etc), à l'ouest du département du Rhône (Amplepuis, zone 5) et même jusqu'à des « zones externes », à Roanne (Loire) ou encore Vienne (Isère). Avec quatre tarifs possibles : 2,10 euros pour les zones 1 et 2, correspondant au réseau TCL actuel élargi à 32 communes supplémentaires ; 3,70 euros pour toutes les zones ; et des tarifs intermédiaires pour deux zones sauf zone 1, et toutes les zones sans la zone 1.
Tout cela, hors Rhônexpress, qui dessert l'aéroport avec des tarifs propres, et le service Optibus, pour le transport de personnes à mobilité réduite.

Pour autant, les collectivités des autres départements (Ain, Isère, à proximité de la Métropole de Lyon) n'ont pas rejoint le dispositif, certaines ayant délégué la compétence d'Autorité organisatrice des transports à la Région. Pour l'heure, sauf quelques exceptions (comme Vienne), aucune convention n'a été signée pour ouvrir le dispositif.
Cette unification entend simplifier le parcours, via une même application mobile, et inciter les habitants à adopter les transports en commun. Surtout, 85 à 90% des abonnés passés verront soit leur tarif diminuer, soit leur zone étendue à tarif équivalent.
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Dans certains cas, l'offre a également augmenté. « Par exemple, entre 7h et 9h, sept bus TCL desservaient Craponne et Lyon Gorge de Loup. Désormais, quatre autres bus vont venir s'ajouter, pour le même tarif », alors qu'ils dépendaient auparavant des Cars du Rhône à un tarif supplémentaire, expose Bruno Bernard, président du Sytral.
À l'inverse, les prix vont augmenter dans deux cas de figure, confirme Jean-Charles Kohlhass, vice-président : « dans un cas, pour les abonnés de Villefranche-sur-Saône qui ne se déplaçaient que dans cette zone, le trajet passe de 1,40 euros à 1,60 euros. Dans l'autre cas, les scolaires « toutes zones » verront leur forfait annuel augmenter de 200 à 300 euros ». Une augmentation conséquente, qui concernera une petite partie des abonnés. Tandis que le sujet passe mal auprès de la CGT des TCL, qui pointe des difficultés au plan social. Le problème concerne les conventions des salariés, répartis entre le Sytral et les autres autorités organisatrices des mobilités. « Nous avons des contrats en cours, on ne peut pas les arrêter. Nous allons réfléchir pour la prochaine délégation des contrats, comment on redéfinit les lots, les territoires, à l'horizon 2028-29 », répond Jean-Charles Kohlhaas.
Par ailleurs, cet enjeu d'unification des transports se pose de longue date entre les TCL et le réseau TER. Pour l'heure, il existe seulement un système de tarification « combiné » entre les trains régionaux d'Auvergne-Rhône-Alpes et la Métropole de Lyon, nommé « T-Libr ». Il consiste à faire l'addition des deux tarifs, TCL + TER, en enlevant une différence promotionnelle. Mais à terme, la Métropole confirme son souhait d'aller vers une tarification unique avec la Région, mais aussi avec d'autres collectivités en intégrant également d'autres offres de mobilité comme le covoiturage.
« Aujourd'hui, nous avons une tarification combinée sur la zone 1 et 2. Il faut qu'on l'élargisse à tout le département et qu'on aille vers une tarification unique ».
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L'uniformisation tarifaire a en effet été inscrite dans la loi sur les SERM adoptée en décembre 2023. Cela signifie que pour un trajet équivalent en train ou en bus, les tarifs devront rester similaires. Mais pour l'heure, nulle « unification » avec le rail ne se profile à l'horizon.