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OpinionsEssais auto

Mercedes Classe A : Une «compacte» de luxe frappée de la célèbre étoile

Alain-Gabriel Verdevoye

Publié le 15 février 2013 à 17:16

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La Mercedes Classe A change de registre. L'ancien petit monospace devient une berline compacte dynamique, pour concurrencer les Audi A3, BMW 1, Volkswagen Golf, voire Renault Mégane ou Citroën DS4. Horriblement chère, elle est toutefois réussie, bien finie, plaisante à conduire, efficace, sobre et luxueuse (avec le plein d'options!)

Fini le minispace. La Mercedes Classe A change de registre. La "petite" grossit et devient une berline compacte concurrente des Audi A3, BMW 1, Volkswagen Golf, voire des Renault Mégane, Peugeot 308 ou Citroën DS4... Plus longue, plus basse, la nouvelle Classe A de la firme à l'étoile arbore un long capot effilé dans la lignée des coupés Mercedes et un arrière court trapu. Ca donne une silhouette dynamique, très effilée, agressive même. On la regarde dans les rues, nous en avons fait l'expérience. A l'intérieur, le style est avenant, assez personnel avec les trois aérateurs ronds au centre, plutôt «classe», soigné et très bien fini. Même si certains plastiques cachés (sous la colonne de direction) dénotent. La position de conduite se révèle agréable. Les sièges sont intelligemment dessinés et maintiennent bien le dos. Dans une livrée en cuir gris clair -de belle qualité d'ailleurs-, "notre" A  ne dépareillait pas le reste de la gamme du constructeur de Stuttgart. Visuellement, tout apparaît réussi. Mais, attention, c'est au prix de dispendieuses options! Sinon, c'est triste et austère.

Ergonomie pas toujours au "top"

L'ergonomie est moins aboutie. La commande unique pour les clignotants et les essuie-glaces -une tradition Mercedes- est peu pratique. Les boutons du système audio et surtout de la climatisation, tout petits, sont placés trop bas. On tâtonne. Pour utiliser diverses fonctions, ou les désactiver, il faut aussi plonger dans des menus et sous-menus peu intuitifs, agaçants. Un écran tactile, ce serait quand même beaucoup mieux, non? Notre modèle de test était équipé de tout un arsenal sécuritaire dernier cri, vite exaspérant. Les radars de proximité couinent quasiment en permanence en ville. L'alerte de changement de file vibre de façon irritante.

"Gadgets" fantaisistes

Quant au lecteur des panneaux de vitesses, il se révèle peu fiable. Il lit le dernier panneau, peu importe lequel. Ainsi, sur la troisième file d'une autoroute à 130, il lit tout d'un coup le panneau 70 de la bretelle de sortie à droite et annonce donc 70 comme vitesse limite... Pas au point. Certes, les systèmes concurrents ne font pas mieux. Mais ce n'est pas une justification. En plus, le dit lecteur affiche au tableau de bord devant les yeux la vitesse inscrite sur le panneau... en lieu et place de votre propre vitesse. Du coup, vous ne savez plus du tout à quelle vitesse vous roulez durant quelques instants. Dangereux à l'approche d'un radar fixe... avec panneau! Quel est l'hurluberlu qui a concocté ça? Bref, nous avons tout désactivé pour avoir la paix... Mais, dans ce cas, pas la peine de payer les options!

Habitabilité correcte

Sinon, l'habitabilité est correcte, même si le toit vitré (en option) rabaisse le pavillon. Le coffre, quoique fonctionnel avec ses formes cubiques, n'apparaît pas très familial. Avec ses dimensions contenues, la Classe A n'est pas une grande voiture, à l'évidence. Enfin, la visibilité de trois-quarts arrière est réduite comme sur bien des voitures modernes.

Direction parfaitement calibrée

Bon, démarrons ! Et là, on est tout de suite séduit. En premier lieu, la direction remarquablement calibrée, à la fois précise et très directe, ni trop légère ni trop dure, est l'une des meilleures du moment. Un régal sur route. Il faut cependant s'habituer aux réactions rapides sur haute vitesse. La tenue de route, rigoureuse, rassurante, ne souffre aucune critique. On a l'impression de faire ce qu'on veut de la voiture. Quel plaisir! Le toucher de route est ferme - trop même sur les petites inégalités de la chaussée à cause notamment des pneus «taille basse» équipant notre véhicule d'essai. Mais, l'amortissement est si abouti que la voiture reste confortable. Le bilan dynamique de la Classe A la fait figurer aux tout premiers rangs de sa catégorie. Avec, à la clé, un agrément de haut niveau. Seul défaut: un rayon de braquage trop ample qui rend la voiture moins maniable et plus encombrante dans les man?uvres qu'on ne l'attend d'une berline si compacte.

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Mécanique élastique et efficace

Le moteur de 136 chevaux est civilisé, onctueux, élastique. Il procure de bonnes performances, montant dans les tours sans problèmes (pour un diesel). Mais une certaine inertie à bas régime est tout de même sensible. La voiture reste sobre avec une consommation contenue de moins de 6,5 litres de gazole aux cents. Cette mécanique se combine parfaitement avec une boîte de vitesses efficace. En revanche, la course longue de l'embrayage -comme chez BMW- et le petit trou à bas régime génèrent parfois de légers à-coups lors d'une montée trop rapide des rapports. Nous avons apprécié le dispositif anti-recul de la voiture en côte, qui travaille discrètement.

Des bruits de roulement

Signalons des bruits de roulement (ronronnements) un peu présents sur des pavés, mais dans des fréquences qui ne perturbent pas autant le confort auditif que sur des coréennes. Ce qui fait qu'on les oublie vite. Bref, la Classe A est un bel engin équilibré, très vivant, pour véritables amateurs de conduite automobile. Très bien conçue et produite, c'est une belle surprise. La firme à l'étoile fait une entrée en fanfare dans un nouveau segment, qui génère 30% des ventes en Europe occidentale, sur lequel elle n'était pas présente jusqu'ici.

Tarifs salés

Pour la fin, gardons cependant le... pire. A savoir des tarifications salées. La gamme démarre à 24.900 (A 180) avec moteur à essence de 122 chevaux. Pour un diesel, comptez 26.400 (A 180 CDI dotée d'un petit 1,5 litre de 109 chevaux, fourni par Renault). La Classe A 180 CDI dispose du même moteur, très juste en cylindrée, qu'un Kangoo ou une Dacia ! "Notre" A 200 CDI, avec un vrai diesel Mercedes de 136 chevaux, est «offerte» à 27.900 euros. Voilà pour les moteurs. Quant aux versions, indiquons que la finition «Sensation» de notre véhicule de test, à peine plus luxueuse que le modèle de base, alourdit l'addition de 3.900 euros. Avec pas grand chose de fondamental en plus: les inénarrable grandes roues à pneus à flancs bas (225 45R17) critiquées plus haut, qui peuvent être toutefois troquées gratuitement pour des pneus (205 50R17 pour les connaisseurs) moins larges et un peu plus hauts; les projecteurs bi-xénon (moyennement efficaces), un volant en cuir, une double sortie d'échappement et des sièges tissu-skaï bas de gamme, indignes d'une marque comme Mercedes!...

Options onéreuses

Il faut ajouter des options pour un véhicule à la hauteur de la réputation du label. D'ailleurs, tout ou presque est en option. Même de simples antibrouillards sont en effet facturés 250 euros, le siège conducteur électrique 400, le pack antivol 500, l'aide au parking 800, le GPS 1.000 euros, le toit  panoramique 1.100, les sièges en cuir indispensables pour une Mercedes de standing 2.200 euros (avec un Pack exclusif). La boîte auto à sept rapports requiert 2.000 euros de plus. Tout cela revient très, très cher. Notons que, si les BMW deviennent de plus en plus abordables (avec cependant peu d'équipements), les Mercedes demeurent fidèles à leurs tarifs traditionnellement «généreux»... pour les marges du constructeur ! Evidemment, une Mercedes se revendra très bien, comme une BMW d'ailleurs! Mais, il faut pouvoir franchir le pas initial. Si on en a les moyens, le jeu en vaut néanmoins la chandelle.
Alain-Gabriel Verdevoye

Modèle d'essai : Mercedes A 200 CDI Sensation : 31.800 euros

Puissance du moteur : 136 cv (diesel)

Dimensions : 4,29 mètres (long) x 1,78 (large) x 1,43 (haut)

Qualités : finition de qualité, sièges agréables, comportement routier efficace, direction bien calibrée, ensemble moteur-boîte rigoureux et sobre, plaisir de conduite

Défauts : tarif et options dispendieux, ergonomie parfois médiocre, embrayage à course trop longue, rmanque de maniabilité dans les manoeuvres

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Concurrentes : Renault Mégane dCi 130 Dynamique : 27.520 euros; VW Golf TDi 150 Confortline : 28.190 euros; BMW 118d Lounge : 28.750 euros; Audi A3 Sportback TDi 150 Ambiente : 30.450 euros

Note : 15 sur 20

Alain-Gabriel Verdevoye

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