Lafarge : le ciment ne prend plus

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(Crédits : Gael Vautrin)
Le géant français du ciment fait encore aujourd'hui les frais d'une dégradation de la part de Merrill Lynch. Son cours plonge de plus de 4 % en bourse. Plus que les autres, le groupe cristallise la défiance des investisseurs pour les valeurs cycliques, de surcroit quand elles sont endettées.

A croire que le titre Lafarge a eu les deux pieds coulés dans le béton et jeté à la mer. Tel un poids mort, il n?en finit pas de sonder les abîmes du marché. Plus forte baisse du CAC 40 aujourd?hui avec un recul de 4,35 % et depuis le début de l?année avec une baisse de 36,46 %, le cimentier n?est finalement plus qu?à quelques encablures de son plus bas historique atteint début mars 2009 à 26,28 euros. Certes il n?y est pas encore. Mais en l?occurrence tout porte à croire qu?il va petit à petit s?en rapprocher. Car rien ne plaide en sa faveur. Encore moins les dernières déclarations de l?irlandais CRH spécialiste mondial des matériaux de construction qui vient aujourd?hui de revoir à la baisse ses prévisions de résultats du fait de la mauvaise conjoncture sur le marché américain. Si l?on ajoute à cela les récentes mesures de resserrement du crédit en Chine, qui vont peser au troisième trimestre sur la croissance de l?Empire du Milieu, la boucle est bouclée. Les vents ne sont pas porteurs pour la construction. Au point que BofA Merrill Lynch vient de dégrader sa opinion sur Lafarge à « neutre » et a revu à la baisse ses estimations de bénéfices par action de 10 % cette année, de 4 % pour 2011 et de 12 % pour 2012. Lafarge et le secteur entier de la construction font désormais les frais en bourse de la défiance des investisseurs pour les cycliques.

Mais, avec sa dette de 15,16 milliards au dernier pointage semestriel, le français cumule les handicaps. Et risque de se voir dégradé prochainement par Moody?s ? spécialiste avéré du tir sur ambulance ? en « junk bonds ». Obligation pourrie, LE numéro un mondial du secteur ! Pas croyable ? Le problème de cette dégradation est qu?elle mettrait le groupe au pied du mûr en matière de financement. Difficile pour Lafarge de taper à la porte de l?obligataire quand on est en junk bond. Ou alors à quel prix ? Difficile pour Lafarge aussi de solliciter à nouveau ses actionnaires alors que, sans broncher, ils ont déjà souscrit l?an dernier à une augmentation de capital. Bref une situation pas des plus confortables alors que la société a pourtant besoin de financer son activité notamment en Chine, via de nouvelles cimenteries dont les trois dernières ont coûté à la louche 400 millions d?euros ? En plus de la conjoncture, la situation bilancielle du groupe tend désormais à peser sur ces propres perspectives. De fait, le marché attend sans doute plus que les mesures annoncées lors des résultats trimestriels à savoir la limitation des investissements à 1 milliard et des réductions de coûts structurels de 200 millions en 2011. Sûr que pour sortir de l?ornière, il va falloir faire plus de concessions.

 

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