Le premier ministre finlandais lorgne sur la Commission européenne

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Jyrki Katainen est premier ministre finlandais depuis 2011. Il lorgne à présent vers Bruxelles...
Jyrki Katainen est premier ministre finlandais depuis 2011. Il lorgne à présent vers Bruxelles... (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le chef du gouvernement finlandais, Jyrki Katainen, a annoncé sa démission à la fin du mois de juin. Son objectif : Bruxelles.

Et si le vainqueur de l'élection européenne 2014 était l'actuel premier ministre finlandais Jyrki Katainen ? Devant une réunion de sa formation, le Parti de la Coalition nationale (Kokoomus), le leader conservateur pro-européen finlandais a indiqué qu'il envisageait de quitter son poste « peut-être vers la fin juin. » Une déclaration qui a relancé les rumeurs selon lesquelles Jyrki Katainen se verrait bien à Bruxelles après l'été.

A la tête d'une large coalition depuis 2011

A 42 ans, le premier ministre n'a pourtant pas sa carrière derrière lui. Depuis 2011, il dirige un gouvernement de très large entente de six partis qui allait des ex-Communistes à la droite conservatrice. Un gouvernement pro-européen pour faire barrage aux deux partis eurosceptiques ou eurocritiques du pays, le parti du centre et les Vrais Finlandais. Chacun reconnaît qu'il a mené cette tâche difficile avec un certain brio, réussissant à maintenir pendant trois ans une certaine unité à l'action gouvernementale. Des qualités qui ne seraient pas perdus à Bruxelles où le président de la Commission doit aussi trouver l'équilibre entre plusieurs tendances et dégager des compromis tant au sein de la Commission qu'au parlement européen.

Coalition qui craque et économie en berne

Il est sans doute cependant temps que Jyrki Katainen tourne la page. Voici quelques jours, l'alliance de gauche, la formation la plus à gauche de la coalition a claqué la porte suite au vote de nouvelles mesures d'austérité. Ce parti dispose de 12 sièges au parlement, ce qui a réduit la majorité du gouvernement de 25 à 13 sièges au parlement. La Finlande, par ailleurs, traverse actuellement une grave crise économique, ce qui pourrait encore fragiliser la coalition.

Homme neuf, jeune et adepte du compromis

Rien d'étonnant donc à ce que Jyrki Katainen tourne ses regards vers Bruxelles. « Des responsabilités dans la Commission européenne m'intéressent », a-t-il avancé. Pourrait-il présider la Commission ? Certes, il n'est pas candidat de son parti, le PPE. La candidature a été accordée à Jean-Claude Juncker. Et il a précisé lundi qu'il soutenait ce dernier.

Mais comme il n'y aura pas de majorité absolue, ni pour le PPE, ni pour le PSE (Socialistes), alors il faudra trouver un candidat de compromis. A la différence de Martin Schulz et de Jean-Claude Juncker, il est un homme neuf, peu connu et jeune. Il peut incarner un certain renouveau. Très orthodoxe sur le plan budgétaire, il n'est pas suspect aux yeux des Allemands. Très ouvert (sa ministre des Finances, Jutta Urpilainen, est social-démocrate), il peut rassurer au centre-gauche. Libéral, il peut enthousiasmer le groupe libéral ALDE. Sans compter ses qualités de compromis que l'on a décrit plus haut…

Le résultat des élections déterminant

Bref, c'est un candidat sérieux. Reste néanmoins que la route est longue et semée d'embûche pour Jyrki Katainen. Le PSE semble décidé à prendre la tête de la Commission cette année. Si les députés socialistes sont plus nombreux que les Populaires, alors, il sera très difficile d'imposer un élu PPE à la tête de la Commission. Pour le moment, les projections en sièges laissent augurer d'un résultat très serré. Mais même en cas de « victoire » du PPE, il faudra se « débarrasser » de Jean-Claude Juncker qui mène une campagne très proche de celle de la CDU allemande : refus des Eurobonds et de l'élargissement pour s'assurer, en cas de besoin, du soutien de Berlin. L'écarter après les élections sera délicat.

Remplaçant d'Olli Rehn

Quoi qu'il en soit, il sera sans doute à la Commission en remplacement de l'inusable Olli Rehn, commissaire aux affaires économiques et monétaires, devenu « monsieur austérité » et qui devrait quitter la capitale belge après 10 ans de présence. Nul doute que, malgré sa rigidité financière, Jyrki Katainen ne sache mieux se faire aimer à Berlaymont, au siège de la Commission, que le triste et terne Olli Rehn.

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Commentaires
a écrit le 08/04/2014 à 18:14 :
C'est tout ce qui est important pour eux les places avec le salaire d'emir saoudien plus une voix pour l'UMPSCENTRE et leurs clones finlandais
a écrit le 07/04/2014 à 12:28 :
Junker a des problemes avec la justice il n'est pas credible ,Schulz est le porteur de serviette de Barroso De toute facon l'euro est mort et le traite de Maastricht doit etre recycle en confettis alors pour les elections de grace! pas une voix pour les destructeurs de la France L 'UMPSCENTRE
a écrit le 06/04/2014 à 23:24 :
Martin Schulz est incontestablement un Candidat de valeur. Il y aurait donc deux candidats sérieux. Vivement le changement !
a écrit le 06/04/2014 à 20:40 :
il n y a rien de libéral dans cette politique.
Les américain sont des libéraux et font tourner la planche a billet...
Quand au communisme cela n'a jamais marché car ça finit toujours en dictature
a écrit le 06/04/2014 à 19:04 :
Encore un conservateur du PPE qui veut venir à Bruxelles pour renforcer la politique d'austérité. Face à l'ultra-libéralisme et vu que les socialistes n'ont pas le courage de lui rentrer dedans, il ne reste que le FN ou Mélanchon et les partis de gauche. En clair, la guerre, car faudra bien un jour la déclarer contre le fléau libéral, il me semble que le communisme est une idée qui devrait faire un retour en force.
Réponse de le 07/04/2014 à 8:21 :
@JB38,

Il y a aussi l'UPR...seul mouvement qui propose une sortie juridique de l'UE par le biais de l'article 50 du TUE.
a écrit le 06/04/2014 à 18:41 :
Avant...Qu'il s'occupe de son pays qui risque de devenir le prochain «homme malade» de l'Europe!...
a écrit le 06/04/2014 à 17:48 :
pourquoi pas il ne pourra pas etre aussi pourri que baroso ou aussi nul que barnier
Réponse de le 06/04/2014 à 19:07 :
@mammybea
Pas pire, mais pas meilleur, "adhérent" du PPE, il en suivra invariablement la ligne.
Austérité...Austérité....Austérité....Mise en coupe réglée des Etats, baisse des retraites, des salaires...profits maximum pour les banques. Toute la politique de l'Europe, ultra-libérale.

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