Pourquoi les portefeuilles suisses sont menacés

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Cet automne, le risque de voir une correction du prix des actions semble élevé pour plusieurs raisons...
Cet automne, le risque de voir une correction du prix des actions semble élevé pour plusieurs raisons... (Crédits : reuters.com)
L'automne risque d'être agité sur les marchés mondiaux, et les portefeuilles suisses seront particulièrement menacés...

La complaisance générale que nous vivons actuellement sur les marchés d'actions a des implications mondiales. La Suisse, détenteur d'un tiers des fonds offshore mondiaux, fait évidemment partie de ces endroits du monde qui vit d'une certaine façon au rythme de Wall Street.

La menace d'une baisse du franc suisse

Par conséquent, la liquidité injectée par la plupart des banques centrales mondiales joue un rôle très important sur les décisions d'investissement prises à Zurich. Les portefeuilles gérés en Suisse sont naturellement exposés à une baisse du franc suisse face au dollar américain, mais surtout, à une éventuelle correction des marchés mondiaux.

La plupart des banques suisses, comme la plupart des institutions financières dans le monde entier, conseillent de positionner les portefeuilles à la hausse. Cependant, il me semble que nous apprêtons à vivre un automne beaucoup moins paisible sur les marchés.

Comme nous avons pu le remarquer avec la guerre en Ukraine, les marchés boursiers exhibent une complaisance à l' épreuve de tout. Cette santé apparente est assurée par les banques centrales qui baignent le marché de liquidités monétaires.


L'automne souvent mouvementé

Le S&P500, indice phare de l'économie américaine a récemment touché les 2000 points pour la première fois dans l'histoire. Malgré une hausse soutenue depuis presque deux ans, nous allons possiblement faire face à des marchés plus turbulents sur les mois à venir.

L'histoire nous a montré que les mois d'automne sont généralement plus mouvementés que les autres mois de l'année, et certainement bien plus que l'été. Rappelez-vous de la chute de Lehamn Brothers (15 Septembre 2008) ou encore  du « Black Monday » (19 Octobre 1987).

Cet automne, le risque de voir une correction du prix des actions semble élevé pour plusieurs raisons. Quels pourraient être les facteurs qui déclenchent cette hausse de volatilité ainsi qu'une correction à la baisse?

  • Une pause

 Une pause semble nécessaire après une hausse sans répit depuis presque 2 ans. Si nous observons de plus loin, après avoir touché le niveau de 666 en mars 2009, le S&P500 s'est multiplié par 3 à la date.

Même si le facteur pause ne peut se déclencher par lui même, il serait déterminant lorsqu'un évènement déclencheur surviendrait. En effet, la plupart des investisseurs sont conscients du besoin naturel des bourses à se corriger, et n'hésiteront pas à prendre leur pause si le moment leur semble venu.

  • Une erreur ou un « flop » de communication (volontaire ou non) de la FED.

 Un des membres de la FED ou sa Présidente Janet Yellen pourrait surprendre les marches avec un commentaire ou un communique qui ferait grimper brusquement les taux d'intérêt.

  • Une économie américaine en très bonne santé

 Avec un taux de croissance au 2eme trimestre 2014 a 4.2% annuel, un chômage qui recule, et surtout et enfin, avec un renouveau de l'investissement ou « CapEx », l'économie américaine ne cesse de nous surprendre à la hausse.

Ironiquement, ceci pourrait présager une réaction de la Réserve Fédérale Américaine, plus rapidement que les marchés n'escomptent, déclenchant ainsi une hausse des taux puis dans la foulée une baisse des actions.

Vu que la performance en bourse des dernières années peut être attribuée en grande partie aux politiques monétaires expansionnistes, nous sommes certainement à la merci d'une hausse des taux d'intérêts.

 Octobre devrait marquer la fin du « tapering » et la question suivante sera « quand commenceront les taux d'intérêt a grimper ? »

  • Une accélération des problèmes économiques en Europe.

L'Allemagne semble être affaiblie aux cotés de la France et de l'Italie, les 3 plus grosses économies de la zone Euro. En effet, elle a surpris les économistes avec une croissance négative de 0.2% au 2ème trimestre 2014.

Les risques de déflation ont été abordés par la Banque Centrale Européenne, qui s'est récemment engagé dans un programme de liquidité historique.

Cependant, les stimuli fiscaux et budgétaires pourraient ne pas être à la hauteur des efforts entrepris par Mario Draghi.

  • Les actions technologiques pourraient ouvrir la voie vers une vente accélérée.

Ceci semble peu plausible alors qu'Alibaba vient de réaliser l'introduction en bourse la plus importante de l'Histoire. Cependant, étant par nature plus risquées mais aussi plus chères que celles d'autres secteurs, les actions technologiques pourraient être les premières à virer vers le bas et à entraîner avec elles les autres secteurs.

  • La réalisation des profits

Ayant déjà assuré une performance assez positive pour l'année, certains fonds d'investissement pourraient être tentés de réaliser leurs gains avant la fin de l'année, et ainsi pouvoir montrer une performance accomplie. Ceci pourrait engendrer une pression à  la vente, invitant ainsi d'autres investisseurs à en faire autant. Ceci pourrait entraîner un changement de sentiment, partant de l'optimisme et allant vers la prudence.

  • Les commentaires d'une personnalité financière

Les commentaires sur Bloomberg TV d'Alan Greenspan (ex-Président de la FED) ont possiblement été les déclencheurs de la correction de courte durée que nous avons témoigné en fin juillet-début août.

Une opinion de la sorte pourrait générer une certaine nervosité ou scepticisme qui pourrait se propager rapidement. En bref, même s'il est difficile de pointer du doigt l'événement qui se matérialisera, la pluralité de ces risques potentiels rend la probabilité d'une correction davantage élevée.

Quoiqu'il en soit, la correction ne devrait pas être plus profonde que 5-10% et ne devrait pas s'étendre considérablement sur la durée.

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Olivier Belleri est Conseiller en Investissements auprès de grandes fortunes mondiales. Il aide à la construction et à la gestion de portefeuilles pluri-actifs. Basé actuellement à Zurich, d'où il a auparavant été conseiller au sein du Credit Suisse, Olivier a débuté sa carrière en tant que trader puis ensuite en tant que spécialistes investissements « cross-asset » chez J.P.Morgan à New York.

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a écrit le 26/09/2014 à 16:00 :
Un bel article sans fond et sans vérités… Tout d’abord le titre « Pourquoi les portefeuilles suisses sont menacés » et la conclusion : « Quoiqu'il en soit, la correction ne devrait pas être plus profonde que 5-10% et ne devrait pas s'étendre considérablement sur la durée. »… les portefeuilles « suisses » ne sont donc pas menacés…. Bref, sur le fond, une première contre vérité émerge : Les portefeuilles gérés en Suisse sont naturellement exposés à une baisse du franc suisse face au dollar américain, à une éventuelle correction des marchés mondiaux ». Le premier point est faux. Pour un client suisse (qui résonne et consomme en CHF), la monnaie de base de son compte est le CHF donc toute baisse du CHF n’aura aucun impact sur la performance. De plus, la part d’investissement en USD devrait même être bénéfique pour la performance en cas d’appréciation de L’USD. Pour des clients étrangers ayant des monnaies de base en EUR ou USD, la part des investissements en CHF ne dépasse que rarement 20% en raison du petit univers de titres suivis et liquides en CHF. De plus, les banque Suisse étant toutes « bull » USD depuis des mois, la part de L’USD est bien plus importante dans ces compte et compenserait largement la baisse du CHF, ceci principalement pour les compte en base EUR. La fin de la phrase qui prédit des menaces pour les comptes Suisses en cas de baisses des marchés mondiaux… En quoi les comptes Suisses sont-ils plus menacés que des comptes « européens ou américains » ? Là encore une réponse du journaliste : La plupart des banques suisses, comme la plupart des institutions financières dans le monde entier, conseillent de positionner les portefeuilles à la hausse. Premièrement les banques Suisse ne sembles pas les seules, deuxièmement, aucune banque ne peut « positionner » un portefeuille à la baisse pour un client privé (shorter des titres). La seule manière de faire est via l’achat d’options puts mais ceci est majoritairement utilisé pour protéger un portefeuille contre une baisse de marché et non pour « positionner » un portefeuille à la baisse. On ne propose pas à un client de se « positionner » à la baisse, on lui dit d’attendre un niveau technique intéressant ou une baisse significative avant de se positionner à la hausse, c’est-à-dire d’investir, tout simplement. De plus, La part action n’est pas plus importante en Suisse qu’en Europe, elle est par contre bien plus importante aux Etats-Unis qu’en Europe. Et pour finir, positionner un portefeuille en actions à l’heure actuelle résulte plus d’une performance relative attendue des actions supérieure aux obligations à moyen terme dans un environnement de taux misérablement bas qu’une vision véritablement « bull » sur les marchés actions à l’heure d’aujourd’hui… à bon entendeur…
a écrit le 23/09/2014 à 18:31 :
Les suisses vont récupérer le Max d or et le pk us ne vaut pas grand chose ,gardez. Vos francs suisses.....toujours....!!
a écrit le 23/09/2014 à 7:47 :
Donc pour le moment, rien de plus que d'habitude, Mme IRMA... En revanche sur la dette qui deviendrait incontrôlable et déclencherait une crise de la zone euro, là, c'est motus et bouche cousu... Comme quoi, on a l'inquiétude sélective.

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