Piano printanier avec Bernard, Joachim, Laurent et Tony

Dans la moisson des nouveautés, quatre pianistes émergent : deux anciens (Joachim Kühn et Bernard Peiffer), une star confirmée (Laurent de Wilde) et un jeune talent (Tony Tixier).
Copyright Reuters
Copyright Reuters

Grand bonheur printanier pour les amateurs de piano : une réhabilitation avec un interprète (un peu) oublié, Bernard Peiffer, des retrouvailles pour Joachim Kühn avec son frère Rolf, une ?uvre de maturité avec Laurent de Wilde (photo) et l'émergence d'un talent grâce à Tony Tixier.
Bernard Peiffer. Improvision. Coffret 2 CD. Collection Jazz in Paris. Universal Music France.
Disparu en 1976, Bernard Peiffer mérite bien ce coup de chapeau de la collection Jazz in Paris qui fait vivre le catalogue d'Universal France des années 40-60. Inspiré par Fats Waller et Art Tatum, virtuose de l'instrument, Bernard Peiffer choisit d'émigrer aux Etats-Unis au milieu des années 50, jugeant son travail incompris en France. Deux pièces de sa main illustrent sa démarche, Black Moon (sombre à souhait) et Rondo (aux accents classiques). Sans oublier de nombreux standards revisités de Charlie Parker, Dizzy Gillespie, Bill Evans. Un double album hautement recommandable.
Laurent de Wilde. Over the clouds. Gazebo.
Délaissant un moment l'électronique, Laurent de Wilde revient à l'acoustique dans un album qui témoigne d'une maturité sans failles. Retrouvant Ira Coleman, le contrebassiste de ses premiers disques new-yorkais des années 90, le pianiste complète son trio avec l'un des plus créatifs batteurs de l'heure, Clarence Penn. De ce feu d'artifice, on retiendra spécialement parmi les ?uvres signées de Laurent de Wilde, un bon blues des familles (Some kinda blues) et deux airs aux tonalités africaines (Irafrica et Over the clouds). (Laurent de Wilde sera en concert le 6 juin au musée de la Fédération Française de Tennis à Roland Garros).
Tony Tixier. Dream pursuit. Space Time Records.
Ses références se nomment Herbie Hancock, Miles Davis ou encore Phineas Newborn (pianiste rare). Tony Tixier aime « les gens authentiques qui jouent comme ils sont » (Jazz Magazine). Formé au CNSM, pépinière de jeunes talents, Tony Tixier présente son deuxième album en compagnie de son quartet new-yorkais (Logan Richardson, saxophone alto et soprano, Burniss Earl Travis II, basse, et Justin Brown, batterie). Voici un jazzman dont on va entendre parler, démontrant, notamment par ses propres compositions, une personnalité déjà riche. (Tony Tixier anime avec Dany Logan deux sessions mensuelles au Babilo, rue du Baigneur. 75018. La prochaine le 30 mai).
Rolf & Joachim Kühn quartet. Lifeline. Impulse.
Il voue une grande admiration à Rolf, clarinettiste, son frère aîné- de 14 ans-le pianiste Joachim Kühn. Zen et impliqués tout à la fois, les deux frères natifs de Leipzig (alors en RDA) se sont retrouvés 44 ans après leur premier enregistrement (c'était pour un hommage à John Coltrane tout récemment disparu). Pour cet album, ils se sont partagé les compositions -à l'exception d'une ?uvre d'Ornette Coleman qui caractérise l'esprit du disque « Research has no limits ». La complicité créative de Joachim et Rolf éclate au grand jour, bénéficiant du soutien de la rythmique de Wayne Shorter (Brian Blade, batterie, et John Patitucci, basse).

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 1
à écrit le 19/06/2012 à 11:37
Signaler
laurent de wilde, il faut absolument l'écouter; la très grande classe.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.