Wall Street plonge en fin de séance, nouvelles inquiétudes sur la croissance

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L'annonce du recul des crédits à la consommations accordés en août aux Etats-Unis a porté le coup de grâce au moral des investisseurs.
Les places américaines ont plongé en fin de séance sous l'effet de la baisse des crédits à la consommation qui alimente les craintes sur les perspectives économiques. Le Dow Jones perd ainsi 5,11% à 9.447 points, clôturant à son plus bas niveau depuis cinq ans. Le Nasdaq recule de 5,80% à 1.755 points et le S&P 500 cède 5,74% à 996 points.

Les indices new-yorkais ne parviennent pas à relever la tête. Après une séance mouvementée lundi, qui a vu le Dow Jones retomber sous la barre des 10.000 points pour la première fois depuis 2004, Wall Street a fortement reculé ce mardi. L'annonce du repli des crédits à la consommation accordés en août aux Etats-Unis a porté le coup de grâce au moral des investisseurs qui s'inquiètent désormais des répercutions de la crise financière sur l'économie réelle, alors que la saison des résultats trimestriels approche.

Le répit du début de séance n'a donc pas duré sur les marchés américains, qui ont plongé en fin de séance. Le Dow Jones perd ainsi 5,11% à 9.447 points, clôturant à son plus bas niveau depuis cinq ans. Le Nasdaq recule de 5,80% à 1.755 points et le S&P 500 cède 5,74% à 996 points.

Les crédits à la consommation ont reculé outre-atlantique, de 3,7% en août en rythme annualisé, leur premier repli depuis janvier 1998. Cela correspond à une baisse de 7,9 milliards de dollars, contre une hausse de 5 milliards de dollars attendue par les analystes. Ce chiffre est d'autant plus inquiétant pour les perspectives de croissance américaine, que la consommation des ménages, principal moteur de l'économie, est souvent financée par l'emprunt.

Les marchés ont également mal accueilli les propos de Ben Bernanke, annonçant que la Réserve fédérale allait réexaminer sa politique monétaire et ouvrant ainsi la voie à une prochaine baisse de son taux directeur. Ces propos accréditent l'hypothèse d'une prochaine baisse coordonnée des taux de la part des grandes banques centrales. Une éventualité renforcée par la décision de la Banque de réserve d'Australie (RBA) de réduire son taux directeur d'un point, de 7% à 6%. La Banque d'Angleterre (BOE), qui se réunit ce jeudi, pourrait elle aussi opter pour un assouplissement monétaire.

Pas suffisant cependant pour mettre un terme, même temporaire, au pessimisme ambiant. Tout comme la décision de la Réserve fédérale d'acheter des billets de trésorerie pour permettre aux entreprises de se financer. Car les marchés se sont concentrés sur les commentaires très pessimistes de Ben Bernanke sur l'état de santé de l'économie américaine.

Du côté des valeurs, Bank of America plonge de 26,23% à 23,77 dollars. La banque de Caroline du nord a publié lundi soir ses résultats trimestriels, deux semaines avant la date initialement prévue. Son bénéfice net a chuté de 68% par rapport à l'an passé, à 1,18 milliard de dollars. Par action, il ressort à 15 cents, bien loin des 61 cents attendus par les marchés. Pour faire face à la crise, BoA va diviser par deux ses dividendes trimestriels et lancer une augmentation de capital de 10 milliards de dollars.

Merrill Lynch, que Bank of America va racheter, chute de 25,62% à 18 dollars. Selon Wachovia, la banque d'investissement devrait afficher une perte de 6,12 dollars par action au troisième trimestre, contre 1,03 dollar attendu précédemment.

Chute libre également pour Morgan Stanley, qui cède 24,89% à 17,65 dollars. Les marchés spéculent sur un éventuel retrait de la banque japonaise Mitsubishi UFJ, qui doit prendre 21% du capital de la banque d'investissement pour 9 milliards de dollars, en raison des difficultés rencontrées par le marché du crédit américain. Morgan Stanley a démenti, assurant qu'un accord entre les deux établissements était en bonne voie.

L'avenir de Wachovia est par ailleurs toujours incertain. Mais selon une source proche citée par Reuters La quatrième banque américaine en termes d'actifs pourrait être scindée en deux: Wells Fargo récupèrerait alors entre 75 et 80% des actifs de la banque de Caroline du Nord et les 20 à 25% restants reviendraient à Citigroup. Les autorités américaines cherchent depuis la semaine dernière à sortir de l'impasse concernant le rachat de la banque de Caroline du Nord, convoitée par ses deux consoeurs. Wachovia recule de 9,17% à 5,25 dollars, Wells Fargo perd 9,04% à 30,60 dollars et Citigroup cède 12,98% à 17,06 dollars.

American International Group (AIG) perd 9,30% à 3,51 dollars. L'assureur français Axa s'intéresserait à des actifs de son homologue américain aux Etats-Unis et en Asie. AIG a annoncé vendredi qu'il allait se recentrer sur ses activités d'assurance dommages afin de rembourser le prêt-relais de 85 milliards de dollars accordés par la Réserve fédérale pour lui éviter la faillite.

Forte progression en revanche pour American Micro Devices (AMD), qui grimpe de 8,51% à 4,59 dollars. Le fabricant américain de semi-conducteurs a annoncé ce mardi la scission de ses activités en deux entités, grâce au soutien financier de deux fonds investissement d'Abou Dhabi.

Alcoa perd 7,73% à 16,71 dollars. Le géant américain de l'aluminium publiera après Bourse ses résultats trimestriels. Lundi, le cours d'Alcoa a fortement reculé, suite à une dégradation d'objectif de cours de la part d'UBS, pour toucher son plus bas niveau depuis 1998.

Le groupe ouvrira la saison des résultats, une période redoutée par les marchés alors que la crise financière et le ralentissement économique devraient peser sur les performances trimestrielles des grandes sociétés américaines. Le conglomérat General Electric, souvent considéré comme représentatif de l'économie américaine, a ainsi revu à la baisse ses prévisions de résultats pour le troisième trimestre.

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