La France a besoin d'une grande coalition à l'allemande

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Marc Fiorentino | Bloomberg
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Un accord a été conclu cette nuit entre le parti d'Angela Merkel et le principal parti d'opposition. Malgré un score et une popularité écrasants, Merkel a préféré une grande coalition - malgré les exigences politiques qu'elle implique, comme le salaire minimum - à une coalition politicienne bancale. Si nous ne voulons pas adopter le modèle économique allemand, inspirons-nous au moins de leur exemple politique.

LE MODÈLE POLITIQUE ET SOCIAL ALLEMAND
La clé du succès économique allemand, c'est le consensus. Politique. Social. Imaginez en France, François Hollande, vainqueur, décidant non pas de s'allier avec un Front de Gauche qui le démolit d'ailleurs tous les jours, mais avec les partis du centre et de l'opposition pour former une grande coalition qui permettrait pendant une période donnée à adopter au pas de charge toutes les réformes dont la France a cruellement besoin. Délirant non ? En Allemagne c'est possible. Et c'est pour cela que le fossé se creuse entre nos deux pays.

LA NOUVELLE GUERRE FROIDE EN ASIE
La géopolitique me passionne. Et ce qui se passe simultanément au Moyen-Orient et en Asie est fascinant. Les États-Unis se retirent du Moyen-Orient et se focalisent sur l'Asie. Ils ne font plus la guerre au "terrorisme" car ils n'ont plus besoin du pétrole, mais ils s'apprêtent à entrer en guerre froide avec la Chine pour le leadership mondial. Ce choix va changer la face du monde.

LE JAPON ET LES ÉTATS UNIS S'ALLIENT
contre la Chine. La tension est montée d'un cran entre la Chine et le Japon sur les îles disputées entre ces deux pays. Et les États-Unis ont fait survoler hier ces îles par deux bombardiers pour indiquer à la Chine qu'elle soutient le Japon. La guerre froide en Asie a commencé.

LE VRAI VISAGE DE LA MISE A PLAT DE LA FISCALITE
Il n'y aura pas de grand soir fiscal. Il n'y aura pas de grand choc de simplification. Le gouvernement poursuit deux buts: 1. Détourner l'opposition de sa gauche qui se prépare à se battre contre la hausse de la TVA 2. Augmenter les impôts sur les classes moyennes et aisées. Les masques sont tombés hier quand Michel Sapin a annoncé qu'il voulait rendre la CSG progressive...



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Commentaires
a écrit le 30/11/2013 à 18:13 :
Comme du temps de la IV°,...
a écrit le 27/11/2013 à 18:32 :
Oui à l'union nationale, mais sans le PS, ni les écolos...
a écrit le 27/11/2013 à 15:35 :
La déclaration adoptée ce 25 novembre par cinq confédérations « rassemblées » à l’initiative de la CFDT et de la CGT (1) mérite la plus grande attention. On y lit que « l’expression légitime des intérêts particuliers ne peut sans danger laisser se développer les corporatismes en ignorant l’intérêt général ». Qu’est-ce que cela signifie ? « L’expression légitime des intérêts particuliers », c’est l’essence de la démocratie, la reconnaissance qu’il existe des intérêts contradictoires — en particulier ceux qui opposent les exploités aux exploiteurs — qui s’expriment notamment dans l’existence de partis et de syndicats. « L’expression légitime des intérêts particuliers », c’est la reconnaissance de la lutte de classe, et donc du droit imprescriptible de la classe ouvrière à s’organiser pour les faire prévaloir.

Tous ceux qui, dans le passé, ont voulu brider l’expression des intérêts particuliers au nom de « l’intérêt général » ont pavé la voie à l’instauration du corporatisme, un système dans lequel les organisations de classe sont sommées de s’intégrer aux institutions de l’Etat (2).

En l’occurrence, la déclaration du 25 novembre se conclut par l’appel à participer à la manifestation du 30 novembre contre le racisme. Le racisme ? L’histoire témoigne que cette mauvaise graine — qui exploite politiquement des préjugés fondés sur l’ignorance pour tenter d’opposer les exploités entre eux — ne fleurit et prospère que sur le terreau de la décomposition sociale et du communautarisme. Or si l’un et l’autre se développent aujourd’hui, c’est en conséquence directe de la politique du gouvernement Hollande-Ayrault répondant aux injonctions de l’Union européenne et du capital financier.

Ce n’est pas « le racisme » qui organise avec les patrons les plans de licenciements, qui fait voter la contre-réforme des retraites, la réforme Peillon et l’acte III de la décentralisation, qui menace dans tous les domaines les droits de la classe ouvrière et qui impose l’austérité. C’est le gouvernement.

L’intérêt général — ou l’union nationale, quel que soit le nom qu’on lui donne —, c’est le corporatisme, l’inverse de la démocratie. La démocratie, c’est la lutte de classe, pour défendre pied à pied les intérêts ouvriers et populaires et bloquer la politique meurtrière du gouvernement.

D’un côté, la manifestation du 26 novembre appelée par CGT et CGT-Force ouvrière contre la réforme des retraites. De l’autre côté, la manifestation politico-syndicalo-sociétale du 30 novembre pour la défense du gouvernement (sous couvert de lutte contre le racisme). Entre les deux, un gouffre : celui qui sépare l’indépendance de classe de l’intégration, la démocratie du corporatisme.

Je me refuse à prendre place dans quelque combinaison que ce soit dont l’objectif ne soit pas d’aider à réaliser l’unité des travailleurs et de leurs organisations dans le combat de classe, sur une ligne de rupture avec le gouvernement, sa politique et l’Union européenne.

(1) Deux jours après la manifestation de Lorient au cours de laquelle Berger et Lepaon ont revendiqué un « volet social » dans le « pacte régional pour l’avenir de la Bretagne ».

(2) Que la CFDT, fondée à l’origine sur l’encyclique papale corporatiste Rerum Novarum, tienne ce langage, rien d’étonnant. Mais que vient faire la signature de la CGT, confédération syndicale ouvrière, au bas d’un tel document ?
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Réponse de le 27/11/2013 à 18:31 :
Mais en clair, ça veut dire quoi ?
a écrit le 27/11/2013 à 13:01 :
Tu n'as pas dû entendre parler du traité transatlantique sinon tu n'encenserais pas une union allemande vouée à l'échec (sauf miracle) s'il était adopté!
a écrit le 27/11/2013 à 12:19 :
c'est encore plus vrai a l'échelon local ou la majorité n'écoute jamais l'opposition.

Nantes en est un bel exemple.

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