Bourse de Paris : le CAC40 touche son plus haut niveau depuis septembre 2000

L'indice phare de la place de Paris poursuit sa hausse frénétique, atteignant hier un record historique de presque 21 ans. Une tendance confirmée ce mardi 3 août en clôture de séance ce mardi 3 août, le portant à son plus haut niveau depuis le début de l'année, à à 6.723,81 points (+0,72%). Confortés par les politiques de soutien à l'économie des gouvernements et des banques centrales, dopés par les résultats semestriels records des grandes stars du CAC40 - notamment le luxe - et rassurés par le maintien des politiques monétaires accommodantes, les investisseurs sont confiants. Même le risque d'un dérapage de l'inflation à long terme ou la menace de la résurgence de l'épidémie de Covid-19 via le variant Delta ne semble pas inquiéter - pour le moment - la place financière.

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Depuis janvier 2021, les 40 plus importantes entreprises françaises ont vu leur valeur cumulée progresser de 20,26%.
Depuis janvier 2021, les 40 plus importantes entreprises françaises ont vu leur valeur cumulée progresser de 20,26%. (Crédits : Ralph Orlowski)

Le CAC40 est radieux et cela dure depuis des semaines. En clôture de séance ce mardi 3 août, il grimpait à 6.723,81 points (+0,72%). Hier, déjà, l'indice phare de la Bourse de Paris atteignait son record depuis septembre 2000, à 6.675,90 points, en hausse de 0,95% sur la journée, à 4% de son pic historique en 1998. Depuis janvier 2021, les 40 plus importantes entreprises françaises ont vu leur valeur cumulée progresser d'environ 20,26%.

Sur le papier, il est clair que les valeurs tricolores ont effacé la crise Covid-19. L'annonce du confinement et la mise sous cloche de l'économie avaient fait plonger le CAC, le 20 mars 2020, à 4.048,80 points. Juste avant le déclenchement de la crise sanitaire, économique et sociale liée à la pandémie de Covid-19, l'indice pointait à son plus haut niveau à 6.100,72 points. Nous étions le 17 janvier 2020. Il faudra attendre la semaine du 1er avril 2021 pour retrouver ce niveau post-pandémie. Depuis, les investisseurs peuvent afficher un large sourire : la courbe s'est envolée d'environ 10,50% en quatre mois, pour s'établir à mi-séance, ce 3 août, à 6 744,49 points. Ces performances dépassent toutes les attentes des analystes.

Des politiques publiques qui ont protégé l'économie

Ce rebond fulgurant s'explique notamment par le soutien de la puissance publique au cœur de cet hiver économique. Grâce au traitement de choc déployé dès le début de la crise par les gouvernements (plan massif de soutien aux États-Unis, le "quoi qu'il en coûte" en France) et les banques centrales (programme de rachat massif d'actifs permettant de maintenir le financement des pays et de l'économie, taux directeurs au plus bas), les têtes d'affiche de la place de Paris ont remonté la pente à toute vitesse. Ces multinationales, extrêmement bien intégrées au marché mondialisé, ont profité de la reprise anticipée en Asie, notamment en Chine, puis outre-Atlantique, avant que l'économie européenne ne redécolle.

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Il suffit de lire les résultats financiers du premier semestre 2021 pour prendre la mesure du rebond. Plusieurs stars du CAC 40 ont affiché des bénéfices records, effaçant la crise sanitaire et tirant la valeur des titres. C'est le cas notamment du secteur du luxe - qui reste une locomotive de l'indice, où LVMH affiche des résultats impressions. Le groupe de Bernard Arnault a engrangé un bénéfice net de 5,3 milliards d'euros. Cela représente une hausse de 62% par rapport à 2019, avant la pandémie de Covid-19. Résultat, la valeur du titre a progressé en un an de 87,16 %, pour coter 696,80 euros, ce 3 août à mi-séance. Les autres valeurs du secteur - Kering ou Hermès - affichent les mêmes tendances. Une performance notable alors que les touristes asiatiques et américains - gros consommateurs de ces marques de luxe - ne peuvent plus venir sur le territoire européen, pour cause de restriction sanitaire.

Pari sur les valeurs industrielles... clouées il y a un an

Autre signe du rebond, ce sont les valeurs industrielles qui ont été plébiscitées ces derniers mois par les investisseurs de la place de Paris. Saint-Gobain termine ainsi le semestre en tête des plus fortes hausses du CAC 40 avec un bond de 48 %, ArcelorMittal voit la valeur de son titre progresser d'environ 37 % sur les six derniers mois. Même les entreprises du secteur automobile, durement touchées par la crise économique et en proie à une pénurie de semi-conducteurs perturbant la production, affichent des résultats en ligne avec le niveau d'avant-crise, ce qui fait s'envoler les valeurs. Le titre de Stellantis, le constructeur né en début d'année 2021, issue de la fusion entre Peugeot et Fiat Chrysler, a grimpé de 32% en six mois. Les résultats semestriels publiés ce jour par le groupe automobile continue de doper le cours, qui progressait encore de 4% ce 3 août à mi-séance, à 17.50 euros. Même Renault est repassé dans le vert. Les sociétés liée à l'aéronautique - également fortement impactées par la mise à l'arrêt du tourisme mondial - retrouvent de belles performances.

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Les banques et les assureurs tirent également l'indice, après une année 2020 difficile, marquée par des taux au plus bas. Les résultats d'Axa ont augmenté de 71% par rapport à l'avant-crise alors que son cours de bourse progressait sur un an de 32%, tandis que la Société générale a vu la valeur de son action progresser sur un an d'environ 107%, à 26,79 euros. Quant à la première banque européenne, BNP Paribas, le titre a pris 43,68 % sur l'année.

Incertitude limitée liée au variant Delta et à l'inflation

Toutefois, la poursuite de ces performances reste soumise à la conjoncture internationale. Et en premier lieu, à la progression du variant Delta, qui entraîne de nouvelles restrictions sanitaires, même si la vaccination progresse dans les économies développées. Le marché semble plutôt optimiste et estime que la menace économique liée à la résurgence de l'épidémie peut être contenue.

Autre signe noir qui questionne les places de marché depuis plusieurs semaines : l'inflation. Alors qu'elle dépasse le seuil fixé par la Banque centrale européenne (+2,2% en zone euro au mois de juillet ; +1,2% en France), la hausse des prix ne semble pas tellement inquiéter les investisseurs. En cause, le soutien massif affiché pour le moment par la BCE, qui a décidé de maintenir ses taux directeurs au plus bas, tout en continuant à racheter de la dette d'État, via son programme traditionnel de Quantitative Easing et par son fonds d'urgence lancé au plus fort de la crise sanitaire. L'institution centrale estime surtout que l'inflation sera temporaire - le même discours tenu par la FED aux Etats-Unis où l'inflation est d'environ 4% sur un an. Des prévisions qui rassurent les marchés.

Des indicateurs macro-économiques plutôt dans le vert

D'autant plus que cet embellie boursière s'inscrit dans une nette amélioration des indicateurs macro-économiques. Le PIB français a renoué avec la croissance au dernier trimestre, avec une progression de 1,9% tandis que les prévisions autour de 6% de croissance sur l'année sont maintenues. Le chômage recule tandis que l'indice manufacturier progresse. Toutefois, ces résultats résultent d'une période post-confinement et ne prennent pas en compte la période actuelle marquée par la quatrième vague en France liée au variant Delta. Un frémissement négatif est à l'œuvre en juillet, constaté notamment sur le moral des consommateurs et celui des chefs d'entreprise.

Quoi qu'il en soit, ces inquiétudes pourraient être contenues par les plans de relance et d'investissement qui commencent à se mettre en place. Élément supplémentaire à la tendance générale haussière : les avancées au Congrès du plan de Joe Biden pour la rénovation des infrastructures, avec à la clé potentiellement, quelque 1.000 milliards de dollars sur cinq ans consacrés aux routes, chemins de fer, réseaux à large bande et traitements des eaux. En France, le plan de relance, d'un montant de 100 milliards d'euros, pourrait booster l'économie, à l'instar de l'Europe, dont le plan d'un montant de 750 milliards est en cours de déploiement. De quoi éloigner un peu le risque de l'éclatement de  la bulle boursière à court terme, comme ce fut redouté mi-juillet, avec un recul de 2% du CAC40. Un signe noir qui ne s'est pas - encore - confirmé.

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Commentaires 3
à écrit le 03/08/2021 à 23:20
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" jusqu'où va-t-il monter ?" jusqu'au fiel !

à écrit le 03/08/2021 à 22:11
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Les robinets à pognon des banques centrales sont grand ouverts ; même les allemands ont un déficit fonctionnel à gérer donc ne mouftent pas L'inflation, on verra plus tard que ça produit les explosions sociales ; pour l'instant tout ce petit monde...

à écrit le 03/08/2021 à 19:20
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Comme chacun le sait (ou le subodore), les arbres montent jusqu'au ciel.

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