Rebondir oui, mais comment ?

Jean-Philippe Dejean

Jean-Philippe Dejean
Intitulée "Rebondir oui, mais comment ? Des chefs d'entreprise témoignent", cette Matinale animée par Pascal Rabiller, rédacteur en chef adjoint de La Tribune - Objectif Aquitaine, a permis d'écouter les interventions de cinq dirigeants d'Aquitaine : Jean-Benoît Charreton, président de Snapp'- FidMe, à Bruges (33), Pierre Odriozola, directeur général de Sokoa, à Hendaye (64), Michel Parinet, gérant de Parinet Informatique, à Périgueux, Pierre Rivallan, cogérant d'Archenergie, à Saint-Jean-d'Illac (33), et Alexandre Zhendre, PDG de Zhendre, à Villenave-d'Ornon (33). Avant la présentation par Michel Parinet de la dernière étude de conjoncture réalisée par Cohda pour la CCIR d'Aquitaine, Laurent Courbu a annoncé, évoquant ces résultats, "malheureusement c'est pas terrible terrible, et c'est pour ça aussi que nous nous tournons vers des acteurs qui ont réussi, et témoigner ce n'est pas facile, à une époque où tout le monde se méfie des autres".
Dernier dans l'ordre alphabétique, Alexandre Zhendre, dont l'entreprise éponyme a connu récemment une procédure de sauvegarde, a été le premier à prendre la parole. Spécialiste des climatiseurs pour tentes en conditions extrêmes, concepteur et fabricant de conteneurs de 1 à 20 m3 aménagés sur mesure, Zhendre, très lié à l'équipement des armées, a connu une période difficile et avec son placement en procédure de sauvegarde.
L'entreprise, qui fête ses 60 ans cette année, a ainsi pu déposer ses deux premiers brevets, tout en augmentant le nombre de ses clients et bouclé deux exercices équilibrés en 2013 et 2014.
Cogérant d'Archenergie, qu'il a fondée avec son associé François Fuchs il y a "30 mois", Pierre Rivallan a rappelé que cette jeune entreprise, spécialisée dans la rénovation énergétique, évolue dans un marché très éclaté. "Pour le particulier il n'y a rien de simple, d'où l'idée de devenir l'interlocuteur unique de nos clients", a précisé Pierre Rivallan. Le cogérant a rappelé qu'Archenergie a été la deuxième société en France à obtenir le label RGE Certibat, qui lui permet d'avoir la certification pour tous les types de travaux que couvre l'entreprise. Si le marché de la rénovation énergétique n'est pas encore mûr, Archenergie, qui a enregistré une croissance à deux chiffres en 2014, à 875.000 €, devrait voir son chiffre d'affaires grimper de 50 % cette année. Avec Snapp' (1,4 M€ de CA, 18 salariés), Jean-Benoît Charreton préside quant à lui une startup du secteur numérique créée il y a une dizaine d'années, qui a démarré avec le développement d'applications sur téléphones mobiles.
Le succès de cette application est tel que FidMe, qui facilite la gestion des cartes de fidélité, compte désormais 3,2 millions d'utilisateurs réguliers.
La trajectoire de Parinet Informatique s'inscrit dans un cadre familial puisque Michel Parinet a repris à son père en 1983 l'entreprise qui avait été fondée par son grand-père. Ingénieur informatique, Michel Parinet n'a pas eu trop de mal à conceptualiser le virage que l'entreprise devait prendre pour continuer à se développer, même si cette inflexion de trajectoire n'est pas allée sans quelques difficultés.
Parinet Informatique, qui emploie désormais 12 salariés, dont 4 ingénieurs, pour un chiffre d'affaires annuel de 1,5 M€, mise sur une stratégie de différenciation, sans faire l'impasse sur les nouveaux enjeux, comme la délocalisation des données dans le cloud (nuage).
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Le siège de bureau est un élément bien concret de la vie des entreprises, un marché dans lequel Sokoa s'est imposée comme un incontestable leader en France. Pierre Odriozola a rappelé que l'entreprise basque a d'abord été fondée, il y a 45 ans, pour créer de l'emploi au Pays basque. Avec 230 emplois à Hendaye, pour un chiffre d'affaires de plus de 33 M€, ce premier objectif a été atteint, d'autant que Sokoa est à l'origine d'un groupe qui réalise 74 M€ de CA en France avec 450 personnes. "Nous sommes le 1er fabricant national de sièges de bureau et nos produits sont présents dans 40 pays sur les 5 continents. La rentabilité a toujours été au rendez-vous-même si notre activité a connu une grosse contraction avec la crise de 2008", se souvient Pierre Odriozola. Dans un marché arrivé à maturité, où la croissance est structurellement faible, Sokoa a recours aux opérations de croissance externe, partie intégrante de sa stratégie de croissance. Mais depuis deux ans, le groupe investit, de "façon significative" sur de nouveaux marchés à l'étranger, en particulier au Proche-Orient et en Afrique de l'Ouest, où Sokoa contrôle une petite filiale au Nigéria. Sokoa prospecte également aux Etats-Unis et au Canada.
Jean-Philippe Dejean