Elise Martimort lance sa 1re collection de robes de mariée
Hélène Lerivrain
Hélène Lerivrain
"Mon grand-père travaillait dans le vin, moi dans la création de robes de mariée. Ce n'est finalement pas si différent. On parle de robe pour le vin et d'un vin soyeux. Dans les deux cas, le travail est artisanal et la passion est la même." Elise Martimort, 35 ans, est bel et bien une passionnée mais aussi une travailleuse multi casquettes acharnée.
C'est à Paris qu'elle se lance dans la couture. Une fois son diplôme de l'Esmod en poche, en 2005, elle travaille en tant que styliste dans le prêt-à-porter, modéliste à son compte et "petite main" pour les grandes maisons de couture de la place Vendôme. "Quand on est petite main, il n'est pas rare de travailler des centaines d'heures d'affilée sans dormir. En 2009, au moment de la crise, j'ai dit stop."
Elle arrive sur Bordeaux un an plus tard où elle enseigne en école de mode et à l'université Bordeaux 2. "Cela m'a permis de m'imprégner du monde de la mode bordelais, puis de tester le marché et la clientèle locale avec mes premières créations." Elle ouvre finalement sa boutique en mars 2014 où elle réalise des robes sur-mesure et désormais des robes de sa 1re collection Bohème Chic. "J'ai eu l'idée de la collection en octobre 2016. J'ai sorti 17 robes en un mois, le shooting a eu lieu fin novembre." Une acharnée du travail, le terme est approprié. Elise Martimort le reconnait et en rit.
Une des robes de la collection Bohème Chic.
Cette première collection constitue une première étape vers un développement national.
Mais Bordeaux est et restera sa principale adresse. Elise Martimort compte d'ailleurs ouvrir un deuxième local dans la cité girondine, un atelier-appart dans le même secteur pour former les jeunes à la sortie de l'école. "Le diplôme est une chose mais j'insiste, une bonne couturière, c'est 10 ans de pratique."
Elise Martimort, qui a des projets plein la tête, rêve également de monter une maison de la mode régionale pour fédérer tous les acteurs locaux : les créateurs, les stylistes, les photographes, les photographes ou encore les fabricants de bijoux.
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L'artisanat lui tient particulièrement à cœur. Pour ses cartes de visites, les cintres qu'elle utilise ou encore le mobilier, elle a fait intervenir des entreprises locales. Pour ses robes, elle n'a recours qu'au savoir-faire français.
Elise Martimort a également fait parler d'elle lors de la conception d'une robe en chocolat avec Hasnaâ Ferreira, fondatrice de la Maison Hasnaâ Chocolats Grands Crus à Bordeaux. La première réalisée en 2016 tourne encore dans le monde. Une nouvelle robe sera présentée à l'occasion d'un salon à Londres en octobre prochain. Pour la confection, il faut compter environ 200 heures de travail.
Celle qui ne compte pas ses heures au travail ne sous-traite rien. Elise Martimort fait tout : le croquis, la construction de la robe, le prototype, le patronage, la coupe, le montage et les finitions.
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Depuis le 1er février, elles sont deux à travailler dans l'atelier. "Avec Alice, nous sommes capables de faire 120 pièces de la collection et une vingtaine de robes uniques par an."
Hélène Lerivrain