Financement participatif : Happy Capital rachète Prexem

Mikaël Lozano

Happy Capital, Philippe Gaborieau
DR

Mikaël Lozano

Happy Capital, Philippe Gaborieau
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Ce n'est pas un secret pour quiconque suit le marché du financement participatif : les grandes manœuvres sont en cours. Dans cette course à l'armement qui a fait des victimes collatérales sur un sujet encore naissant (Unilend, un des pionniers en France, ou Finsquare) on trouve deux types d'acteurs : les groupes bancaires, comme l'a prouvé en juin 2018 le rachat par la Société générale de la plateforme bordelaise Lumo, spécialisée dans les énergies renouvelables, et de plus petits acteurs qui, tous plus ou moins spécialisés, cherchent à atteindre une taille critique. Dans ce concert, Happy Capital, fondée par Philippe Gaborieau à Bordeaux, avait jusqu'à présent deux activités : le financement participatif de projets entrepreneuriaux par actions (crowdfunding), mais aussi celui de l'immobilier par obligations émises par les promoteurs via sa filiale MyCapital.immo. La société renforce ses atouts et se diversifie avec l'acquisition de Prexem, qui donnait jusqu'à présent dans le prêt aux entreprises par des particuliers (crowdlending).
"Par cette acquisition, Happy Capital devient ainsi le seul acteur à proposer une couverture complète du passif du bilan des entreprises avec les actions, les obligations, les minibons et maintenant les prêts. Avec des tickets d'entrée minimaux à seuil plus faible pour le prêt, nous allons pouvoir conquérir de nouveaux clients qui ont pu être intéressés par l'investissement dans les PME mais qui n'avaient, jusque-là, pas franchi le pas", explique l'entreprise dans un communiqué, qui revendique "100 % des levées de fonds réussies pour 12 projets financés" sur sa plateforme en 2018.
Happy Capital avait déjà fait un premier pas en direction du crowdlending avec la reprise en mai 2018 d'un autre acteur, Prêtgo, qui avait cessé son activité un mois plus tôt. Philippe Gaborieau n'était pas joignable ce jeudi matin, mais voici ce qu'il écrivait il y a quelques semaines sur le blog d'Happy Capital pour justifier sa stratégie : "Le crowdfunding n'est pas mort : il mute !" Estimant que "le modèle économique des plateformes de prêt est basé sur un marché de volume. Une industrie, quelle qu'elle soit, ne peut atteindre un volume de masse en si peu de temps. D'autant que les acteurs historiques se sont également adaptés à l'arrivée des nouveaux entrants. Or, la quasi-totalité des plateformes ont dû lever des fonds pour développer leurs outils et se faire connaître. C'est très compliqué d'évangéliser un marché, cela coûte cher et ce n'est pas toujours le premier qui en bénéficie. Ensuite le marché est atomisé par le nombre de plateformes. Je crois que les plateformes doivent réduire la voilure pour s'adapter au marché actuel et croître progressivement avec lui. Elles doivent également changer leur modèle qui n'est pas viable en l'état."
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Concernant le crowdfunding, sous forme d'instruments financiers, le dirigeant relève que la fin de l'ISF PME a "réduit de manière conséquence le volume investi". Et poursuit son raisonnement : "De nombreuses plateformes ont cru que le marché allait exploser, ont levé des fonds, mais ce n'est pas aussi rapide que prévu. Les pertes s'amoncellent et elles n'ont d'autres choix que de cesser, changer leur activité comme Smartangels ou de se diversifier. C'est le choix que nous avons fait chez Happy Capital", qui revendique pratiquer "la politique de l'écureuil plutôt que celle de la cigale" et annonce "plusieurs projets d'acquisition de plateformes de prêts" et "de nouveaux modèles pour le prêt afin d'être pérenne sur cette activité".
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