Financement participatif : le pionnier Unilend cesse ses activités

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(Crédits : DR)
La plateforme de crowdfunding Unilend s'est déclarée en cessation de paiement. Les prêteurs devraient être remboursés par son prestataire. Dans un marché, dominé par quelques leaders comme Lendix, mais encore fragmenté, difficile de trouver un modèle à l'ère des taux bas et après la fin de l'ISF.

C'était l'un des précurseurs du crowdfunding, ou plus exactement du crowdlending en France : la plate-forme de financement participatif Unilend s'est déclarée en cessation de paiements. La rumeur circulait depuis quelques temps dans le secteur, a révélé le site spécialisé Crowdlending.fr. "Après cinq années passées à permettre aux Français de prêter aux entreprises, Unilend cesse ses activités" indique l'entreprise dans un communiqué adressé à ses membres.

Depuis son lancement en novembre 2013, au total 427 projets portés par des TPE pour l'essentiel, avaient été financés sur sa plate-forme pour près de 33 millions d'euros. Unilend affirme sur son site avoir plus de 15.000 prêteurs actifs.

« Cela faisait 10 jours que nous discutions avec l'autorité de contrôle, l'ACPR, et nous avons trouvé une solution pour les prêteurs », a confié son fondateur, Nicolas Lesur, au site du magazine Capital. « Ils ne perdront pas leur mise et seront remboursés comme prévu, et dans les temps » a assuré celui qui est aussi le vice-président de l'association professionnelle Financement participatif France.

Unilend, qui a le statut d'intermédiaire en financement participatif (IFP) et de conseiller en investissements participatifs (CIF), a confié à son prestataire de paiement, la SFPMEI (Société financière du porte-monnaie électronique interbancaire, initialement créée pour le Moneo et reprise par le fonds BlackFin) le soin de gérer les remboursements et les éventuels impayés des PME emprunteuses.

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Taux bas, ISF et concurrence

Unilend compte Bpifrance, Ventech, 360 Capital Partners et New Alpha AM parmi ses actionnaires. La startup a levé 11,5 millions d'euros en trois tours de table.

D'après les statistiques du site, si elles ont été actualisées, il resterait 11,9 millions d'euros de capital restant dû et plus de 971.000 d'intérêts à rembourser aux prêteurs. Avec un volume de 3,6 millions d'euros prêtés depuis le début de l'année, en chute de 32%, Unilend se trouvait à la septième place des plateformes d'après le baromètre publié par Crowdlending.fr.

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Unilend crowdlending fintech

[Les statistiques de prêts d'Unilend depuis 2013. Crédits : Unilend]

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C'est le deuxième site de prêts participatifs aux PME à fermer après Finsquare, dont Lendix, le leader du marché, avait racheté le fonds de commerce en avril 2016, pour éviter que l'ensemble du secteur ne soit éclaboussé par ses déboires.

Le marché du crowdlending s'est concentré autour de quelques acteurs, Lendix, très loin devant Credit.fr (racheté par Tikehau), Bolden, Lendosphère, Wesharebonds et Lendopolis (KissKissBankBank, racheté par La Banque Postale), qui raflent les meilleurs dossiers. Mais il demeure très fragmenté, avec plus d'une quinzaine de plate-formes ! Dans un environnement de taux d'intérêt très bas, où les conditions de prêt bancaire sont assez souples, il n'y a pas de quoi faire vivre autant de sites, à moins d'accepter des dossiers de plus en plus risqués. En outre, la suppression de l'ISF et du dispositif ISF PME, pas remplacé, a fait disparaître une partie des prêteurs.

« Aucune plateforme n'est rentable aujourd'hui. Selon moi, sans remontée des taux, le marché est mort », a même déclaré Nicolas Lesur à Capital.

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Commentaires
a écrit le 19/10/2018 à 8:34 :
Fermons les paradis fiscaux et autres banques offshore, cette économie se verra immédiatement bien plus dynamique.

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