LA TRIBUNE - Comment les directeurs et directrices des ressources humaines traversent-ils la période actuelle ?
AUDREY GUIDEZ - La séquence du confinement / déconfinement a été une période éprouvante avec une difficulté pour le DRH à trouver sa place entre la direction de l'entreprise, les salariés et les syndicats. Il y a eu des changements législatifs et réglementaires nombreux, complexes et à grande vitesse. Il a donc fallu gérer tout cela, le passage au télétravail à 100 % puis la sortie de cette nouvelle organisation. On est désormais sur un consensus dans beaucoup d'entreprises autour de deux jours de télétravail par semaine. C'est une nouvelle organisation hybride. La majorité des salariés n'avaient pas vraiment envie de revenir au bureau pour des questions d'habitude, d'organisation familiale ou de risque sanitaire. Bien souvent, dans beaucoup d'entreprises, c'est le DRH qui s'est retrouvé en première ligne et seul pour gérer tous ces aspects nouveaux.
Depuis quelques semaines, on voit les annonces de plans de licenciements, ces fameux plans de sauvegarde de l'emploi (PSE), se multiplier. Avec un volume qui serait le double de celui de l'an dernier à la même époque. Comment voyez-vous les choses ?
Oui, les grosses difficultés surviennent progressivement depuis la rentrée de septembre avec des PSE déclenchés et d'autres en préparation ou en réflexion. La crise perdure avec un Covid-19 qui ressurgit et risque d'être bien présent au moins jusqu'à la fin de l'année. Tout cela nourrit de grosses incertitudes sur l'avenir. Je distingue trois cas de figure. Il y a les entreprises qui sont en grandes difficultés et sont contraintes de mettre en place un PSE. Il y a les entreprises qui ont une activité "normale" mais largement parasitée par l'application et le respect des règles sanitaire et la gestion presque quotidienne des cas contacts. Et puis il y a les entreprises qui vont très bien et cherchent à recruter mais qui ont du mal à le faire...