LA TRIBUNE - Quels sont les enjeux liés au retour de la nature en ville qui est au cœur de votre activité ?
FABRICE CABREJAS - Il y a un réel besoin de nature en ville où la température monte bien plus qu'en périphérie, c'est pourquoi nous nous intéressons aux centres-villes et, en premier lieu, aux métropoles. Les habitants veulent s'approprier l'espace public qui est relativement minéral et ils se sont rendus compte qu'ils avaient besoin de vert, mais pas simplement pour la couleur. La nature, c'est le vivant, le climat, les saisons, les services écosystémiques. La question est de savoir comment on crée les conditions de ramener cette nature en ville. Il ne s'agit pas d'arrêter de construire puisque le parc résidentiel n'est pas totalement constitué, mais de construire là où c'est le plus pertinent en tenant compte de plusieurs paramètres.
Des programmes qui vont dans ce sens sont lancés par les collectivités, notamment à Bordeaux avec le Bâtiment frugal bordelais. Qu'est ce que cela vous inspire ?
Nous avons décidé d'investir ce marché qui portera ses fruits dans quelques années, mais il n'est pas encore tout à fait mûr. Les collectivités se lancent en effet dans des projets de micro-forêt, de plantation d'arbres, de réaménagement des cours d'écoles pour en faire des oasis urbaines, de résilience alimentaire, de permis de végétalisme. Mais au-delà de déployer un catalogue d'initiatives, il s'agit de savoir pourquoi on le fait. Où doit-on planter en priorité ? Quelles essences seront plantées et à quel endroit ? Ceci étant dit, il y a une prise de conscience des collectivités de la nécessité d'agir car elles doivent s'adapter au réchauffement climatique. Quelle que soit leur étiquette politique, les élus ont d'ailleurs inséré un volet vert dans leurs programmes. Natura City doit permettre aux collectivités d'être opérationnellement vertes.