Déjà fragilisés sur le marché du travail, les jeunes, et plus particulièrement les moins qualifiés, sont les premières victimes de la pandémie. Environ 30 % des moins de 26 ans sont au chômage en Gironde, et de mars 2020 à fin 2020, Pôle Emploi a enregistré une hausse de 10 % des jeunes demandeurs d'emploi. La réponse gouvernementale ne s'est pas faite attendre avec un plan de relance pour soutenir l'emploi des jeunes. Une première étape a été engagée à travers le plan étatique "un jeune, une solution" consacrant au niveau national 7 milliards d'euros à la formation et l'entrée des jeunes dans la vie professionnelle. Les aides à l'embauche de jeunes en CDI ou CDD de plus de trois mois (4.000 euros) ou en alternance (5.000 euros pour un mineur et 8.000 euros pour un alternant majeur) ont joué un rôle incitatif puissant pour les entreprises.
Si 2020 a été présentée comme l'année de toutes les incertitudes, il n'en est rien pour l'alternance, qui a pulvérisé tous les records malgré la crise économique et sanitaire, avec une augmentation spectaculaire de +40 % par rapport à 2019, et la signature de 500.000 contrats. Si les aides exceptionnelles valables jusqu'en mai 2021 pour les patrons qui embauchent un apprenti ont sans aucun doute joué en sa faveur, elle illustre également un engouement des deux parties. Entreprises comme étudiants y voient en effet un modèle vertueux. Pour les jeunes, c'est d'abord la garantie de combiner diplôme, financement d'études et une meilleure employabilité à l'issue. Pour les entreprises, c'est l'occasion de former un futur collaborateur. En Gironde, le premier bilan fait état de 11.971 jeunes bénéficiaires de ces contrats en 2020. En ce qui concerne notre enquête du StartEmploi, l'emploi en alternance représente 13 % des recrutements, et la dynamique est tirée par les diplômés du supérieur avec de nombreux postes dans les secteurs du digital et de l'informatique (19 %).