Chez un restaurateur de la rue des Faussets, quartier Saint Pierre, ce n'était pas un ou deux serveurs qui manquaient à l'appel le jour J, c'est la moitié de l'équipe pour servir 60 couverts en terrasse. "L'une est repartie chez sa mère faute de pouvoir payer son loyer, un autre a démissionné 3 jours avant la réouverture pour se réorienter vers le commerce automobile, et d'autres ne répondent plus aux appels, c'est certain, j'ai eu du mal à remobiliser mon équipe, le métier est dur, la vie de famille compliquée. Du coup, j'ai recruté dans l'urgence des jeunes sans expérience", témoigne le gérant du restaurant.
Selon l'Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) de Gironde, 25 % des collaborateurs ont changé de métier. Des reconversions loin du comptoir et des cuisines, liée à une conjonction de phénomènes : perte de salaire de 16 à 20 % avec le chômage partiel, et des questions de fond loin d'être anodines : contraintes des horaires, pénibilité du travail, manque de reconnaissance...