"Revanche des territoires", "essor des villes moyennes", "exode urbain"... La crise sanitaire et l'évolution des modes de vie qui en découle font-elles réellement entrer les villes de tailles intermédiaires dans un nouvel âge d'or ? Gare à la caricature, répondent analystes et observateurs.
D'abord parce que l'impact de la crise reste très hétérogène d'une ville à l'autre, et globalement difficile à appréhender. "Il est trop tôt", pour se prononcer sur une éventuelle recomposition des dynamiques territoriales, estime ainsi Olivier Bouba Olga, chef de service études et prospective du pôle Datar de la Nouvelle-Aquitaine, contacté début juillet par La Tribune.
Lui et son équipe ont suivi à la loupe les courbes de l'emploi salarié (hors secteur agricole) depuis fin 2019 dans la région, et font état d'un choc "atypique", dans leur dernière étude publiée sur le sujet début août. Reprise versatile, absence de lien entre la dynamique économique pré-crise et la capacité des territoires à rebondir... Hormis quelques exceptions (Bayonne, La Rochelle et Dax semblent bien rebondir, alors que Pau peine à retrouver les niveaux d'avant crise), impossible de dresser des "tendances" pour la plupart des villes moyennes néo-aquitaines, d'autant que les aides mises en place par l'État et la Région biaisent encore forcément l'analyse.