LA TRIBUNE - Fonroche a cédé début 2021 sa branche Biogaz à Total Énergies, pour se recentrer exclusivement sur l'éclairage solaire. Pourquoi ce choix ?
Laurent LUBRANO - Fonroche Biogaz est une grande réussite et les étapes suivantes de son développement nécessitaient une puissance financière et un support industriel d'un autre niveau, d'où la volonté de passer la main à Total Énergie. Ce qui a aussi motivé notre décision, c'est l'ampleur que prenait notre activité d'éclairage solaire, lancée en 2010. La petite start-up Fonroche Éclairage était devenue une pépite de 200 salariés ! Aujourd'hui nous réalisons un chiffre d'affaires annuel de 65 millions d'euros, qui double tous les ans. Et nous éclairons à peu près une centaine de nouvelles infrastructures tous les mois. Pour vous donner une idée du développement, nous équipions cinq à dix infrastructures par mois il y a cinq ans.
Ce développement est aussi permis par l'adéquation que l'on constate désormais entre le marché, la technologie et les enjeux de développement durable. Non seulement le solaire réduit l'impact carbone de l'éclairage public - 10 lampadaires solaires permettent d'économiser 902 kg de Co2 en moyenne par an en France - mais il est aussi moins coûteux que l'éclairage conventionnel - il ne nécessite pas de raccordement au réseau, donc pas de tranchée à creuser, ni de câble ou de tableau électrique à installer. Globalement, l'investissement est réduit de -10 % à -40 % en fonction de l'infrastructure à équiper. Ce n'est pas négligeable quand on sait que l'éclairage pèse pour 40 % dans la facture d'électricité d'une commune. Un directeur des services qui aujourd'hui n'intègre pas de lampadaire solaire dans un projet d'éclairage public, a priori, c'est surtout qu'il n'est pas assez informé.