La clochette de porte des commerçants locaux sonne-t-elle la fin des marketplaces territoriales ? Non, assurent les fondateurs de ces vitrines numériques et autre boutiques en ligne, qui s'attellent désormais à consolider leurs modèles, pour perdurer post périodes de confinement. Tous le concèdent sans détour : le retour "à la normale" s'est logiquement soldé par une chute vertigineuse des chiffres d'audience, tout l'enjeu étant, depuis, de redresser durablement la courbe. En se passant, qui plus est, des subventions versées par les collectivités locales pour financer la quasi-gratuité de ces plateformes.
"Nous ne voulons pas d'un système qui repose sur de l'argent public, sinon ça ne fonctionnera pas", pose d'entrée de jeu Thierry Chardy, fondateur du site Mavillemonshopping.fr qui a posé ses valises à Bordeaux il y a quelques mois. Certes, la plateforme créée en 2017 et rachetée par La Poste fin 2018 est largement représentée parmi les bénéficiaires des subventions émises en 2020 par la Région. Mais son fondateur se défend de tout effet d'aubaine : "Ces partenariats avec les collectivités existaient dès le début, ils augmenté pendant la crise, c'est vrai, mais ils n'ont pas vocation à financer le site."
De fait, le groupe La Poste "investit massivement" pour structurer faciliter l'usage la plateforme, via par exemple un catalogue standardisé de fiches produits que les commerçants pourront utiliser gratuitement. Et surtout, pour basculer sur un modèle alliant gratuité et services premium payants. Depuis le 1er octobre, les commerçants peuvent ainsi souscrire à une offre d'accompagnement et d'intégration du catalogue, avec 60 photos prises par un professionnel. Facturée 500 euros, elle a d'ores et déjà séduit près de 300 boutiques, précise Thierry Chardy. "Nous travaillons aussi sur une solution permettant de connecter la marketplace au logiciel de caisse, pour que les commerçants puissent gérer leurs ventes à la fois Online et Offline", poursuit le directeur, qui espère pouvoir commercialiser ce service début 2022, mais ne peut à ce stade en préciser le tarif.