A peine troublé par le passage de deux Rafale et de quelques avions civils, le soleil brillait, ce jeudi 6 janvier, sur le chantier de la future école d'ingénieurs Elisa Aerospace, à Saint-Jean-d'Illac, à l'ouest de la métropole bordelaise, dans la zone aéroportuaire. Un vrai soulagement pour Chantal de Turckheim, la fondatrice et directrice de cet établissement associatif né dans les Hauts-de-France, tant ce projet n'a pas été un long ciel bleu. L'école d'ingénieurs devait initialement s'installer dans ses nouveaux locaux à la rentrée 2020 mais les règles d'urbanisme et de protection de l'environnement l'ont contraint à changer de terrain avant que le Covid ne prenne le relais pour décaler retard à son tour le chantier. Au total, le projet accuse deux ans de retard.
"Cela n'a pas été simple mais finalement le résultat et là on bénéficie même d'un terrain de 27.000 m2, plus grand que prévu, ce qui nous permettra de développer un vrai campus global et cohérent", sourit la directrice qui porte ce projet à 26 millions d'euros, dont quatre millions seront apportés par la Région Nouvelle-Aquitaine.
Le visuel du futur bâtiment dessiné par Enact Architecture (crédits : Enact Architecture).
De 240 élèves-ingénieurs aujourd'hui dans des locaux provisoires, dont 20 % de femmes, les effectifs devraient grimper à 300 à la rentrée prochaine avec la livraison du 1er bâtiment puis à 700 à l'horizon 2025, en rythme de croisière. Ce cursus de cinq ans propose trois options en ingénierie des systèmes aéronautiques, ingénierie des missiles et systèmes spatiaux et ingénierie des systèmes complexes coopératifs. "Deux tiers des diplômés se retrouvent dans l'aéronautique, 26 % dans le spatial et la défense et 8 % dans les systèmes embarqués liés à d'autres mobilités comme l'automobile, le ferroviaire et le naval", détaille Chantal de Turkheim.