Vins de Bordeaux : en Asie, une crise peut en cacher une autre
Emmanuel Langlois
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Xavier Jean et Denis Pomarède, le maître de chais de Couvent des Jacobins à Saint-Emilion.
Couvent des Jacobins
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Xavier Jean et Denis Pomarède, le maître de chais de Couvent des Jacobins à Saint-Emilion.
Couvent des Jacobins
"Du haut de ces vieilles pierres, plus de six cents ans d'histoire vous contemplent !" On ignore si Napoléon Bonaparte fit étape un jour à Saint-Emilion, mais Couvent des Jacobins ne date pas d'hier. C'est l'un des deux seuls Grands crus classés présents dans le centre du village médiéval. "C'est une propriété familiale depuis 1902", raconte Xavier Jean, arrière-arrière-petit-fils du créateur. "Mais les moines dominicains sont arrivés eux ici bien avant, dans les années 1380." Le domaine, aujourd'hui, ce sont neuf hectares de vignes et 35.000 bouteilles produites par an.
Depuis une douzaine d'années, une partie est d'ailleurs vendue en Asie du Sud-Est, où Xavier Jean représente la marque familiale. C'est surtout à Singapour, où 10 à 15 % de la production maison est écoulée, que les effets du Covid-19 ont été le plus sensible :
A Singapour, les clients de Couvent des Jacobins sont à 70 % des professionnels, restaurants ou hôtels, et le reste des cavistes et des clients privés. "C'est un marché qui s'est énormément structuré et sophistiqué ces quinze dernières années", constate Xavier Jean. "On compte aujourd'hui ici à peu près 200 importateurs de vins. C'est un métier qui, en fait, a été moteur pour développer tout le milieu de la gastronomie avec énormément de restaurants grâce à une classe moyenne plus fortunée qu'ailleurs en Asie.»
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Élève au lycée privé Tivoli de Bordeaux, puis étudiant en management à Montréal, Xavier Jean, jeune homme bien né, débute sa carrière à Londres dans les services financiers avant de s'envoler pour l'Asie. Installé à Singapour, il ne commencera à travailler pour le domaine familial qu'en 2011. Aujourd'hui, ce n'est pas tant la pandémie que les effets de la guerre lancée fin février en Ukraine par Moscou que redoute le Français :
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