Fondateur et vice-président de la Ligue de protection des oiseaux et ancien président du Ceser (conseil économique, social et environnemental régional), le Rochelais Dominique Chevillon n'en démord pas : développer un parc éolien offshore au cœur du Parc naturel marin (PNM) de l'estuaire de la Gironde et du Pertuis charentais, qui plus est en zone Natura 2000, relève de l'aberration !
Car ces espaces côtiers et marins, viviers de nombreuses espèces végétales et animales, "regorgent de lieux extraordinaires, reconnus comme tels par l'État et l'Union européenne", rappelle-t-il. "Sept réserves nationales y ont été créées entre 1976 et 2011 ; le territoire est en zone Natura 2000 depuis 2009 ; et nous y avons créé en 2015 le PNM, après quinze ans de discussion avec tous les usagers". C'est aussi au large de ces côtes charentaises que transitent chaque année des dizaines de milliers d'oiseaux migrateurs partis d'Afrique pour rejoindre l'Europe du Nord ou l'Amérique du Nord, qui trouvent repos et ravitaillement dans les réserves naturelles côtières.
Le projet en bref
Porté par l'Etat et par RTE, le projet « éolien en mer en Sud-Atlantique » prévoit à horizon 2030 un premier parc de 35 à 70 éoliennes posées au large des côtes charentaises, d'une puissance cumulée de 0,5 à 1 GW. Et éventuellement un second parc, posé ou flottant, d'une puissance d'au plus 1 GW. Avec un coût global estimé entre 1,5 et 3 milliards d'euros. Il s'inscrit dans la continuité d'un premier projet de 600 MW envisagé dès 2015, et réorienté depuis, au regard des objectifs inscrits dans la Programmation pluriannuelle de l'énergie : le lancement de projets éoliens pour une puissance cumulée de 3,35 GW entre 2019 et 2023, puis d'un GW par an ensuite.