Il y a des paradoxes saisissants. L'impasse qui s'annonce pour les énergies renouvelables en est un. Pour se passer des énergies fossiles en 2050, la France va devoir faire croître son parc renouvelable de 150 % au minimum en terme de puissance, selon les scénarios de RTE. Pour le photovoltaïque, c'est une multiplication par sept, au minimum, qui est annoncée. Dans le même temps, l'implantation foncière des installations sera bridée par les nouvelles lois environnementales : compensation de la biodiversité impactée, zéro artificialisation nette ou encore interdiction d'aménagement sur des terres forestières. Pour le photovoltaïque, l'éolien ou la méthanisation, l'âge d'or n'arriverait donc jamais ?
Les nouvelles dispositions de la loi contraignent un développement déjà malmené : en 2020, la France était le seul pays européen à ne pas dépasser les 20 % d'énergies renouvelables dans son mix énergétique. Malgré ce retard, la filière ne manque pas d'idées pour relancer la machine. « La reconversion des friches industrielles est un réel enjeu et un potentiel de développement pour les énergies renouvelables », présente Mathilde Goidin, ingénieure à l'Ademe, au cœur des Assises européennes de la Transition énergétique qui se sont déroulées à Bordeaux du 23 au 25 mai. Pour cette spécialiste des sites et sols pollués, les EnR doivent « aller sur des sites dégradés » pour accomplir leur développement. L'Ademe a ainsi présenté un outil en phase d'expérimentation, à destination des collectivités, capable d'évaluer le potentiel de reconversion des friches.