Prévue pour le 21 juin sur le stand de la Région Nouvelle-Aquitaine au Salon du Bourget, l'annonce n'aura pas tenu jusque-là. Et pour cause, c'est Emmanuel Macron, lui-même, qui a chamboulé le calendrier à l'occasion de la visite d'une usine de moteurs d'avion de l'entreprise Safran à Villaroche (Seine-et-Marne) pour parler décarbonation du secteur aérien. Le chef de l'État a présenté une feuille de route pour développer un avion plus sobre assortie de 750 millions d'euros d'aides et d'investissements.
Il faut dire que le projet n'est pas anodin pour le territoire du bassin du Lacq, près de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques puisqu'il s'agit « du plus gros investissement sur le territoire depuis la découverte d'un gisement de gaz à Lacq en 1951 », assure ainsi Elyse Energy. C'est cette PME industrielle lyonnaise qui sera à la manœuvre du projet BioTJet en détenant les deux tiers du capital aux côtés de quatre autres partenaires Avril, Axens, Bionext et IFP Investissements. Elle avait déjà annoncé à l'automne dernier un premier investissement de 350 millions d'euros dans une usine de méthanol décarboné utilisé dans la peinture, le textile ou encore le plastique.
Pour ce nouvel investissement de 650 millions d'euros, dont 200 millions d'euros de fonds publics, l'objectif est de produire du « e-biokérosène ». Concrètement, il s'agit de carburant pour les avions fabriqués à partir de biomasse, c'est-à-dire des « résidus agricoles et forestiers sans concurrence avec les usages alimentaires » et d'hydrogène bas-carbone. Pour produire cet hydrogène, l'usine utilisera la technologie BioTFuel, développée par les mêmes partenaires dans les Hauts-de-France depuis 2021. Elle « combine la conversion de la biomasse (torréfaction, gazéification, traitement du syngas et synthèse Fischer-Tropsch) et l'injection d'hydrogène externe pour améliorer son rendement bas carbone ».